Chroniques d'un monde malade

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Tag - Afrique

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mercredi 11 décembre 2013

Mandela et le bal des hypocrites

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Malgré une longévité extraordinaire, Nelson Mandela n’était pas immortel. L’ancien prisonnier 46664 de Robben Island a réuni le monde entier lors de ses funérailles. Mais combien parmi les illustres invités sont effectivement les dignes émules de Madiba ?

Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, le décès de l’ancien militant anti-apartheid puis président de la République Sud-Africaine laisse un grand vide dans le PPM, le panorama politique mondial. De la race des militants, Nelson Mandela a incarné mieux que personne la lutte qui a fait tomber le régime suprématiste blanc de Pretoria. De la race des dirigeants éclairés, il a permis à l’Afrique du Sud de sortir des ténèbres, de se trouver une nouvelle identité après une histoire sombre faite de sombres histoires.

C’est donc tout naturellement que les dirigeants du monde entier se sont dirigés vers Soweto, pour lui rendre un dernier hommage. On a pu voir des cohortes de chefs d’état montrer leur trombine et leur bonne conscience en direct live. Pourtant, comme on dit au pays de sa très gracieuse majesté, nombreux sont les squelettes qui traînent dans les placards.

En effet, parmi pays occidentaux représentés, les USA, le Royaume-Uni et la France, notamment, n’ont pas considéré, alors que Madiba était encore prisonnier politique, que la lutte contre le régime de l’apartheid était une priorité. Du maintien de Mandela sur les listes de terroristes à l’assassinat à Paris de la représentante de l’ANC Dulcie September, ces pays occidentaux ont été plus forcés par leurs opinions publiques et la situation politico-économique du pays qui n’était pas encore « arc-en-ciel » à changer leur fusil d’épaule.

Quant aux dirigeants africains présents, combien n’ont jamais joué la carte de l’ethnisme ou trituré dans tous les sens leur constitution pour se maintenir au pouvoir ? A l’exact opposé de ce qu’a fait Mandela. La palme du régional de l’étape revenant à Jacob Zuma, hué par le public représentatif de cette nouvelle Afrique du Sud, public qui a par contre applaudi De Klerk.

C’est donc bien à un bal mondial des hypocrites auquel nous avons assisté hier. Le public du FNB Stadium de Soweto ne s’y est pas trompé. Il a fourni les chants et les danses pour accompagner les dirigeants mondiaux dans ce dernier hommage à leur libérateur. Il ne manquait plus que les vuvuzelas pour couvrir les discours qui se voulaient consensuels, alors que, de son vivant, Madiba, lui, a su réaliser un consensus sans être consensuel au départ.

C’est d’ailleurs à cette occasion que le président français François Hollande a fait revenir sur le devant de la scène mondiale son prédécesseur qui, lui, s’y connaissait en matière de stigmatisation des différences. On n’aurait pas pu trouver invitation plus incongrue. C’est d’ailleurs le mot qui vient à l’esprit à propos de certains hommages rendus par nos chers politiques à coups de petites phrases en moins de 140 caractères.

Ceci a d’ailleurs été parfaitement illustré et prophétisé par Mélenchon qui avait estimé juste après la mort de Nelson Mandela que « Des milliers de bonnes paroles vont se déverser sur la mémoire de Nelson Mandela par ceux qui, le reste du temps, n'hésitent pas à pourchasser les enfants roms » avant d’ajouter que « Dans un pays où des enfants mal élevés jettent des bananes à un ministre qui n'a pas la bonne couleur, il y a quelque chose de surprenant à voir cette unanimité se construire ».

Mais peu importe, car si Mandela nous a quittés, il nous laisse une œuvre politique faite de courage et de raison, d’inclusion plutôt que d’exclusion, œuvre dans laquelle se reconnaissent tous les anonymes qui ont chanté et dansé dans le stade pour couvrir les hypocrisies nationales et internationales.

Le mot de la fin à Madiba himself : « En faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres la possibilité d'en faire autant ».

jeudi 17 janvier 2013

A Malien, Malien et demi…

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On en parlait depuis quelques mois, ça y est, la France a lancé son attaque au nord Mali contre les différents mouvements intégristes. Tous mobilisés contre l’ennemi. Les chaînes d’information continue ont revêtu leur tenue de combat. Et la classe politique toute entière applaudit…

Toute, non ! Quelques irréductibles résistent encore et toujours à l’appel de la fleur au fusil. Mais ces quelques voix discordantes semblent perdues dans un maelstrom cathodique et éditorial ne laissant aucune place aux déserteurs, aux tire-au-flanc et autres esprits chagrins qui ne sont pas si convaincus que çà par la guerre, pardon, par les opérations en cours au pays d’Amadou et Mariam qui chantent les beaux dimanches de Bamako.

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mercredi 5 décembre 2012

Le retour des zozos de l’Arche perdue

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Les zozos de l’Arche de Zoé avaient défrayé l’actualité il y a 5 ans. Ils reviennent sous les feux de la justice cette fois, et sans la peur du ridicule qui, comme chacun sait, ne tue pas…

Souvenons-nous : les aventures des zozos de l’Arche de Zoé il y a 5 ans dans les sables du Darfour puis dans les prisons du Tchad avaient marqué le début du quinquennat de Nicolas S de Neuilly. Celui-ci, pris d’une frénésie libératoire voulait avait amusé la galerie avec les infirmières bulgares, Ingrid Betancourt ou nos pathétiques zozos.

La différence entre les infirmières de Kadhafi ou Ingrid Betancourt et nos aventuriers amateurs de l’arche perdue était de taille, et pour cause : les zozos étaient en prison, non pour avoir été victime d’un quelconque arbitraire, mais pour avoir tout bonnement kidnappé 103 enfants tchadiens ou darfouris. A l’époque, leur libération suite à une grâce présidentielle du très démocrate Idriss Déby avait été échangée contre rien moins qu’un sauvetage du régime grandement menacé par des colonnes de rebelles qui fonçaient sur Ndjamena et qui furent stoppés par le dispositif Epervier, d’un autre âge, celui du colonialisme.

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mercredi 14 novembre 2012

L’Ouganda, un pays pas très gay

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Alors que la France s’apprête à voter une loi permettant le mariage des personnes de même sexe, l’Ouganda, lui, ne rejoindra certainement pas le club des pays permettant ces unions. Et pour cause…

Autrefois qualifié de perle de l’Afrique par Winston Churchill, l’Ouganda n’est aujourd’hui certainement pas la perle de l’Afrique en ce qui concerne les droits des homosexuels… En effet, le pays s’apprête à faire passer une loi réprimant l’homosexualité par une méthode à la fois simple et radicale : la peine de mort. Certes, pas pour tous les cas, car le tarif est différent selon les cas. Le projet de loi distingue « l’infraction d’homosexualité simple » de « l’infraction d’homosexualité aggravée »

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mercredi 17 octobre 2012

Les Francofolies de Kinshasa

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Le président de la République française s’est rendu la semaine dernière en République presque Démocratique du Congo pour assister à un sommet. Le choix du lieu a été décrié et la question s’est posée : fallait-il y aller ?

François Hollande se serait-il rendu dans la capitale congolaise pour aller porter à la ministre des Français de l’étranger la facture de son voyage en jet privé ? Il Rien n’est moins sûr, car il a été vu auprès de son « hôte », le Président-Fils Kabila. Le compagnon de Valérie T., tweeteuse de choc plus que de chic, assistait en fait au sommet de l’OIF, l’Organisation internationale de la Francophonie, une sorte de « machin » comme aurait dit De Gaulle.

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mercredi 18 janvier 2012

Yes we CAN 2012 !

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La Coupe d’Afrique des Nations, en jargon footballistique la CAN, revient comme tous les deux ans tenir en haleine les commentateurs sportifs. Parfois, on se dit qu’on aimerait que ce soient les commentateurs politiques qui se saisissent de cet objet d’actualité tant l’organisation de la compétition semble liée à des contraintes géo-politico-économico stratégiques…

En effet, cette année, c’est donc le Gabon, pays immense et très peuplé de près d’un million et demi d’habitants, et la Guinée Équatoriale (six cent mille ? sept cent mille habitants ou plutôt sujets de la famille Obiang) qui ont l’honneur d’organiser la CAN. Outre leur voisinage mutuel, ces deux pays ont en commun certaines traditions politiques. Tout d’abord, les deux pays sont sous la coupe réglée de deux familles (Bongo pour le Gabon et Obiang pour la Guinée Équatoriale) qui ont confisqué le pouvoir et les ressources naturelles, le sacro-saint pétrole, à leur propre profit.

On citera bien sûr les actions en justices menées par diverses associations de grincheux (dont Transparency International, Survie…) dans le procès dit des biens mal acquis. Car les familles Bongo et Obiang ne détestent pas à l’occasion investir dans la pierre et dans des pays occidentaux, au premier rang desquels la France. On ne niera pas non plus l’attirance dans des biens, mal acquis, certes, mais de luxe et qui vous classent leur propriétaire aussi sûrement qu’une collection de Rolex.

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mercredi 11 janvier 2012

Rwanda : enquête… de vérité

Il y aura bientôt 18 ans, un million de Rwandais qu’ils soient batusi, bahutu ou batwa, étaient tout bonnement éliminés par une idéologie génocidaire que l’on croyait à jamais disparue de la surface de la terre. Depuis, la recherche de la vérité a failli être sacrifiée sur l’autel de la raison ou de la déraison d’état…

Mais, comme le dit le proverbe rwandais, « la vérité passe à travers le feu mais ne se brûle pas ». En effet, il existe dans le monde un petit village d’irréductibles Gaulois, peuplé de politiques, de diplomates, de militaires, de juges à la retraite, d’éditorialistes, de journalistes, etc. qui résiste encore et toujours à l’expression de cette même vérité. Ce petit village possède une potion magique qui lui a permis depuis près de 18 ans d’endormir et d’enfumer l’opinion publique française. Cette potion, au goût amer, aura durant tout ce temps apporté des aigreurs d’estomac à celles et ceux qui restent attachés à des valeurs anachroniques comme l’honnêteté, la curiosité citoyenne… Car, la France est le seul pays occidental, voire du monde, où la remise en cause de la réalité du génocide des Tutsi du Rwanda de 1994 a été, et est encore, ne pêchons pas par excès d’optimisme, une spécialité locale.

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