
Moussa Kaka est journaliste. Il est également nigérien. Il a été emprisonné
au Niger pour avoir eu, dans le cadre de son travail journalistique, des
contacts avec la rébellion Touareg. Il est accusé de « complicité
d’atteinte à l’autorité de l’Etat ». (Voir le billet "Qui
veut du miel doit avoir le courage d'affronter les abeilles" de
mars dernier sur ce blog).
Mais Moussa a surtout le tort de poser les questions qui fâchent. Le Niger,
dirigé depuis près de 10 ans par Mamadou Tandja ( dont on peut dire que la
démocratie et la liberté d’expression ne sont pas ses préoccupations majeures,
sauf s’il s’agit de les mettre à mal) est une de ces zones où il est très
difficile d’obtenir des informations. Le Niger, outre son rôle d’anti
« vedette américaine » dans les élucubrations vaguement
« céliniennes » mais précisément racistes de Pascal Sevran, est un
des plus gros producteurs au monde d’une énergie fossile autant prisée que le
pétrole par les temps qui courent, l’uranium. Et là où il y a uranium, il y a
Areva... Et là où il y a Areva, il y a souvent déficit de transparence...
Faut-il y voir la raison du relatif (et c’est un euphémisme) silence des
autorités françaises à propos de l’emprisonnement d’un employé de la
« voix de la France » qu’est RFI ? C'était la pensée du jour
pour un journaliste qui fait son travail.
Voici le communiqué du site "Libérez Moussa" à l'occasion de ce triste
anniversaire :
Il faut libérer Moussa sans délai, et sans condition.
Le correspondant de RFI au Niger, est en prison depuis septembre 2007.
Les autorités nigériennes lui reprochent des contacts avec la rébellion
touarègue du Nord Niger. Pour cela, il a été inculpé de « complicité
d’atteinte à l’autorité de l’Etat », un crime. Il risque la prison à vie alors
qu’il ne faisait que son travail de journaliste.
A deux reprises les juges chargés de ce dossier se sont prononcés en
faveur de la remise en liberté provisoire de Moussa Kaka. A chaque fois, le
Parquet a fait appel.
Moussa Kaka a bénéficié d’un non-lieu au mois de juillet 2008. Là
encore, le procureur général de la république du Niger a fait
appel.Lors d’une audience, le 16 septembre 2008, le Parquet a demandé
la requalification des faits reprochés à Moussa Kaka. Ils passeraient ainsi de
crime à délit ("acte tendant à nuire à la défense nationale"), passible d’une
peine de un à cinq ans d’emprisonnement. L’avocat de Moussa Kaka a
demandé la confirmation de l’ordonnance de non-lieu et la remise en liberté de
son client.
Le comité de soutien plaide pour le non-lieu : Moussa Kaka n’a fait
que son travail, il doit être libéré sans délai et sans condition.
Les magistrats rendront leur décision le 7 octobre prochain. A ce moment
là, Moussa Kaka aura déjà passé 384 jours en prison.
Pour aller plus loin
- Le site "Libérez
Moussa"
- Le site "Areva ne fera pas la
loi au Niger"