Ministère pour un Monde Meilleur

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jeudi 6 mai 2010

Samedi à Canteleu...

Ne ratez pas la soirée organisée ce samedi 8 mai (de 16h à minuit) par les associations X-Nature et Projects Arts : au menu de la musique : Queen Maya (Reggae) - Resaka (Reggae, Ska) - Drop It Sound (Sound system) et HK & les Saltimbanks (hip hop reggae musette !).

Mais aussi restauration camerounaise et divers stands d'associations. Les bénéfices serviront à des projets au Burkina Faso et à un orphelinat au Cameroun. L'entrée est de 3 € et la soirée se passe au Gymnase Hébert (cité verte à Canteleu).

Renseignements au 06 16 01 49 74.

ARBRE_A_SIK.jpg

Pour découvrir HK et les Saltimbanks, c'est par ici... HK est un des deux chanteurs du MAP (Ministère des Affaires Populaires).

mercredi 20 janvier 2010

Pauvre, pauvre Haïti !

haiti_cherie_300pix.jpgLe séisme qui a frappé durement ce pays –destructions massives et centaines de milliers de morts- a été suivi d’une deuxième secousse, médiatique et humanitaire cette fois…

Si la gravité du tremblement de terre qui a dévasté cette partie de l’ancienne Hispaniola n’est pas à remettre en cause, il n’en n’est pas de même du traitement médiatique par les professionnels du secteur, marchands d’émotions à bon marché dont les politiques, surtout lorsqu’ils sont au pouvoir sont partie prenante.

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jeudi 23 avril 2009

Le racisme vaut-il une conférence ?

tintincongo.jpgAinsi, l’Organisation des Nations Unies a-t-elle ressenti le besoin d’organiser sous sa propre égide une « conférence internationale sur le racisme ». Il est étonnant que les médias aient tous repris cette expression, « sur le racisme », car l’intitulé était en fait « conférence d’examen de Durban » pour évaluer les progrès réalisé depuis la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance tenue à Durban en Afrique du Sud en 2001.

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mercredi 18 février 2009

Anticolonial !

anticolonial.jpgEn 2006, quelques militants que l’on aurait qualifiés de tiers-mondistes dans les pas-si-terribles-que-çà années 70, ont lancé une « Semaine Anticoloniale ».

Rejoints par d’autres personnes ou associations depuis, cette semaine d’informations et d’actions autour du fait colonial d’hier, d’aujourd’hui et peut-être même de demain, commence à s’installer dans le paysage.

Alors, vieilles chimères ou combat d’avant-garde ?

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mercredi 4 février 2009

Le monde selon K ou le monde selon P ?

kouchnercartoon.jpgL’info était disponible depuis plusieurs jours, l’inénarrable Pierre Péan allait sortir un livre sur Bernard Kouchner, et on allait voir ce qu’on allait voir.

Ce bon docteur K épinglé par un gros vendeur de bouquins. Le buzz avait bien fonctionné et malgré ou à cause de la gêne des uns à droite ou de quelques autres à gauche, s’est-on posé les bonnes questions ?.

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mercredi 28 janvier 2009

Gwadloupéyens doubout kont pwofitasyon !

Guad1.jpgLes Guadeloupéens sont massivement en grève depuis plus d’une semaine. Le collectif contre l’exploitation outrancière, en VO « Liyannaj kont pwofitasyon » serait-il l’avant-garde d’un mouvement en métropole ?

En effet, ce collectif formé par une cinquantaine d’organisations syndicales et politiques qui a lancé cette grève générale reconductible et a réussi à paralyser l’île efficacement semble signifier aux organisations soutenant la grève prévue massive du jeudi 29 janvier en métropole qu’ensemble tout est possible et que oui, nous pouvons… Mais au-delà de la grève que les medias de l’hexagone semblent allègrement bouder, le collectif propose une grille de revendication bien plus large que la somme de corporatisme, presque un programme politique, social, économique, écologique et culturel. Bref, on est loin du folklore récurrent asséné par les médias dominants.

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mercredi 21 janvier 2009

Décès de Jean Carbonare

jeancarbonare.jpgJean Carbonare est décédé samedi 17 janvier dernier. Infatigable humaniste, Jean a été président de l’association Survie de 1988 à 1994.

Jean Carbonare n’était pas connu du grand public es qualités. Pourtant, le 24 janvier 1993, c’est un homme très ému qui a lancé l’alerte quant au risque de génocide au Rwanda. Alors mandaté par la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), il avait enquêté plusieurs semaines au « pays des mille collines » sur le massacre des Bagogwe, population rwandaise de la région de Bigogwe. Il avait lancé ce cri d’alarme lors du journal de Bruno Masure. L’émotion de cet homme avait touché beaucoup de gens. Ses propos sur le rôle de notre pays dans ce qui se préparait alors avaient montré un courage certain.

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mercredi 7 janvier 2009

Ghana : Accra à la démaquereautie ou accros à la démocratie ?

supporter_ghana.jpgLe Ghana est un pays africain assez particulier pour un certain nombre de raisons. Coincé entre les futures ex colonies françaises que sont la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Togo, ce pays dont la capitale possède un nom de spécialité martiniquaise à la morue, a ensoleillé ce début d’année 2009 en montrant au monde, je veux dire à l’humanité, c'est-à-dire ni le quotidien français dit de référence ni l’organe (quel organe !) officiel du PCF français lui aussi, en montrant donc à la populace mondiale englué dans la crise au sud et dans les agapes foie-gratesques ou cavardieuses des riches du Nord, que la dictature plus ou moins voilée n’est pas une fatalité en Afrique.

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dimanche 21 septembre 2008

Niger : un an de prison de trop pour Moussa

moussa2.jpg

Moussa Kaka est journaliste. Il est également nigérien. Il a été emprisonné au Niger pour avoir eu, dans le cadre de son travail journalistique, des contacts avec la rébellion Touareg. Il est accusé de « complicité d’atteinte à l’autorité de l’Etat ». (Voir le billet "Qui veut du miel doit avoir le courage d'affronter les abeilles" de mars dernier sur ce blog).

Mais Moussa a surtout le tort de poser les questions qui fâchent. Le Niger, dirigé depuis près de 10 ans par Mamadou Tandja ( dont on peut dire que la démocratie et la liberté d’expression ne sont pas ses préoccupations majeures, sauf s’il s’agit de les mettre à mal) est une de ces zones où il est très difficile d’obtenir des informations. Le Niger, outre son rôle d’anti « vedette américaine » dans les élucubrations vaguement « céliniennes » mais précisément racistes de Pascal Sevran, est un des plus gros producteurs au monde d’une énergie fossile autant prisée que le pétrole par les temps qui courent, l’uranium. Et là où il y a uranium, il y a Areva... Et là où il y a Areva, il y a souvent déficit de transparence...

Faut-il y voir la raison du relatif (et c’est un euphémisme) silence des autorités françaises à propos de l’emprisonnement d’un employé de la « voix de la France » qu’est RFI ? C'était la pensée du jour pour un journaliste qui fait son travail.

Voici le communiqué du site "Libérez Moussa" à l'occasion de ce triste anniversaire :

Il faut libérer Moussa sans délai, et sans condition.

Le correspondant de RFI au Niger, est en prison depuis septembre 2007. Les autorités nigériennes lui reprochent des contacts avec la rébellion touarègue du Nord Niger. Pour cela, il a été inculpé de « complicité d’atteinte à l’autorité de l’Etat », un crime. Il risque la prison à vie alors qu’il ne faisait que son travail de journaliste.

A deux reprises les juges chargés de ce dossier se sont prononcés en faveur de la remise en liberté provisoire de Moussa Kaka. A chaque fois, le Parquet a fait appel.

Moussa Kaka a bénéficié d’un non-lieu au mois de juillet 2008. Là encore, le procureur général de la république du Niger a fait appel.Lors d’une audience, le 16 septembre 2008, le Parquet a demandé la requalification des faits reprochés à Moussa Kaka. Ils passeraient ainsi de crime à délit ("acte tendant à nuire à la défense nationale"), passible d’une peine de un à cinq ans d’emprisonnement. L’avocat de Moussa Kaka a demandé la confirmation de l’ordonnance de non-lieu et la remise en liberté de son client.

Le comité de soutien plaide pour le non-lieu : Moussa Kaka n’a fait que son travail, il doit être libéré sans délai et sans condition.

Les magistrats rendront leur décision le 7 octobre prochain. A ce moment là, Moussa Kaka aura déjà passé 384 jours en prison.


Pour aller plus loin

- Le site "Libérez Moussa"
- Le site "Areva ne fera pas la loi au Niger"

mercredi 17 septembre 2008

Cameroun 1958 : ethnisme à la française

rubenummyobe.jpgIl y a tout juste 50 ans, soit pour les amateurs de précisions synonymiques un demi siècle, cinq décennies ou encore un vingtième de millénaire, notre chère République Française alors en proie aux demandes d’indépendance insistantes des indigènes de nos colonies et en pleine guerre d’Algérie, pardon, en pleine opération de pacification du département français d’Afrique du Nord, notre chère République, donc, n’hésita pas à commettre l’irréparable sur le sol camerounais.

En 1958, la France coloniale voulut créer une sorte de jurisprudence anti anticolonialiste. L’Union des Populations du Cameroun (UPC) et son leader Ruben Um Nyobè devinrent alors des cibles prioritaires pour l’administration coloniale du pays dit des Droits de l’Homme. Mais revenons quelque peu en arrière pour resituer l’événement dans le contexte camerounais de l’époque. En 1948, soit dix ans avant notre date à l’origine du cinquantenaire, l’UPC se forme à Douala. Rapidement, Ruben Um Nyobè, par son charisme, homme intègre, grand humaniste et pacifiste convaincu ne tarde pas à mettre la puissance coloniale sur la sellette. Son projet national pour le Cameroun, s’il réclame bien sûr l’indépendance, est un projet démocratique sans soupçon d’ethnisme ni de syndrome de Fachoda. Il veut unifier les populations du Cameroun sous une bannière commune sans distinction d’ethnie ou de « colonophonie », c'est-à-dire que francophones et anglophones peuvent trouver leur place dans ce projet.

Mais le succès rapide et grandissant des thèses de l’UPC inquiète la métropole. Les visites de Ruben Um Nyobè aux Nations Unies, les manifestations des supporters de l’UPC de 1955 ne plaisent pas, c’est le moins que l’on puisse dire, à l’administration coloniale. La répression va alors devenir féroce. La clandestinité devient nécessaire pour sauver sa peau. La guérilla devient le moyen de lutte face à des forces qui veulent la mort de l’UPC et de son leader. Le haut commissaire français du Cameroun qui deviendra ministre des armées deux ans plus tard puis premier ministre sous Georges Pompidou (le président, pas le musée d’art moderne) conduit une répression impitoyable. L’UPC est alors infiltrée. Ses militants sont arrêtés, torturés, déportés et assassinés. On expose leurs têtes coupées dans les rues. Les villages du sud et de l’ouest du pays particulièrement en pays Bassa et Bamiléké subissent les assauts d’une colonisation que l’on ne pressent pas comme positive : on détruit les villages, on utilise le napalm, on déplace des populations entières que l’on regroupe dans des camps pour couper tout soutien à la guérilla. La France des Lumières est en pleine guerre. Une guerre qui passera inaperçue, les « événements » d’Algérie, comme on dit pudiquement à l’époque, occupe le devant de la scène médiatique et le Cameroun est plus éloigné et moins connu des Français, alors on en profite.

Finalement, Ruben Um Nyobè est capturé, assassiné et enterré à la va-vite. Le Cameroun accède à l’indépendance en 1960 sous la tutelle de l’omniprésent Jacques Foccart. Un président ami est vite nommé, Ahmadou Ahidjo. La suite est une litanie de pouvoirs plus liberticides et corrompus les uns que les autres, jusqu’au trop long règne de Paul Biya qui deviendra président en 1982 et fêtera en novembre prochain ses 26 ans de pouvoir discontinu.

Quant à la France officielle, elle se fourvoiera en Algérie, avec le recours à la torture notamment, au Biafra, avec l’ethnisme érigé en projet de gouvernement ou encore au Rwanda où le soutien aux génocidaire fut le point culminant d’une politique « africaine » qui n’ose pas dire son nom : racisme institutionnel. Bref, une longue histoire.

Le mot de la fin au grand et essentiel Mongo Beti qui avait bien vu la tentation française de l’ethnisme : « L'ethnomanie, est ce recours extravagant, pour tout expliquer, à l'argument tribu (guerres tribales, oppositions tribales, émeutes tribales.), qui n'est pas seulement le fait de démagogues ou de dictateurs à court de pensée, mais trouve aussi des adeptes dans d'autres catégories, surtout chez les Français moyens très mal informés, comme si, en Afrique, toute réalité était d'abord tribale. »

Tribale à blanc ou tribale à noirs ?

Pour aller plus loin

- Ruben Um Nyobè vu par Cameroon Link
- Article de Libération sur le Cameroun de 1958

lundi 23 juin 2008

Consommation et relations Nord / Sud : un problème aussi écologique

yabon.jpgJe vous propose le texte de mon intervention lors du Festival pour la Terre organisé ce weekend à Repainville. Cette intervention a eu lieu dans le cadre d'un débat sur le thème "consommer autrement".

Déjà, en 1974, la campagne du premier candidat écologiste à une élection présidentielle faisait des relations Nord / Sud un enjeu majeur au cœur de la politique. Que ce soit en des termes économiques, environnementaux, sociaux, démographiques ou démocratiques, il était urgent de revoir l’interaction entre Nord et Sud sur d’autres bases que celles de l’époque.

Plus d’un quart de siècle après, non seulement rien n’a changé, mais on peut même dire que le fossé entre l’Occident et le Tiers-Monde s’est élargi dans tous les domaines, de façon proportionnelle au besoin effréné de consommation au Nord. Ainsi, par exemple, le coût croissant de l’énergie pénalise au Sud les pays les plus pauvres, et au Nord les citoyens les plus pauvres.

Cette intervention ne prétend pas balayer tous les problèmes vécus dans les pays du Sud posés par une hyperconsommation là où on peu se le permettre en étant exhaustive. C’est une modeste contribution visant à montrer que nos modes de consommation actuels ont, et ont eu, des répercussions très diverses sur les habitants des pays du Sud et sur leur environnement.

Four Hundred Years

Si on prend pour postulat de départ la définition communément que « L'écologie est la science qui étudie les milieux et les conditions d'existence des êtres vivants et les rapports qui s'établissent entre eux et leur environnement », alors on peut considérer que l’esclavage à grande échelle a eu des impacts qui ont transformé l’environnement autre qu’humain.

Les pays privés pendant 400 ans de leurs forces vives par la traite ont pu mesurer les nombreux effets de ce crime contre l’humanité sur leurs paysages. Les contacts commerciaux établis sur les côtes, les « comptoirs », ont crée un appel d’air économique qui a vu toujours plus de densité de population au dépens de l’intérieur des terres lieux de capture des esclaves potentiels. Sur 4 siècles, on imagine l’effet sur les pays notamment en bordure du Sahara, c'est-à-dire une déforestation progressive et proportionnelle aux saignées opérées dans les peuples par les marchands de « bois d’ébène ». Désertification assurée. Responsable direct : l’esclavage.

En Afrique « anglophone » et orientale, un schéma identique se produit, même si les conditions géographiques et climatiques atténuent la violence environnementale. Les côtes ont pompé le sang de l’intérieur des terres. La colonisation a fait le reste.

D’autre part, dans les nouvelles colonies, terres d’exportation de cette « cargaison », les paysages et les équilibres écologiques ont pu être bouleversés. Haïti n’a plus d’arbres aujourd’hui, pourquoi ? Si on n’y avait pas « importé » contre leur gré des esclaves, quel serait aujourd’hui le paysage haïtien.

Quant à la population caribéenne d’origine, elle n’a pas résisté à la colonisation européenne et des peuples, comme les Arawaks ou les Tainos ont disparu de la surface de la Terre. En quoi, cela serait-il moins grave qu’une espèce végétale ou animale ?

  • Conséquences
  • Ecologiques : Désertification, déforestation…
  • Solidaires : Génocides, mortalité, éducation…
  • Démocratiques : Esclavage, racisme…

La colonisation, y’a bon ! Non, y’a pas bon !

La période suivante, qui a pu d’ailleurs se superposer à la période de l’esclavage, a vu la pénétration des forces colonialistes vers l’intérieur des terres pour un objectif unique, tirer le maximum des ressources forestières, minières ou agricole des pays colonisés.

Si au début du 20ème siècle, la SDN a posé quelques règles en matière de devoirs des puissances coloniales (santé, éducation, infrastructures…), ces règles étaient bien timides et ne garantissaient aux « indigènes » que le strict minimum dans le meilleur des cas.

Ainsi, le cas du Congo Belge est éclairant à plus d’un titre. D’abord, attribué au Roi des Belges (Léopold 1er) en tant que propriété personnelle, le Congo qui s’est d’abord appelé « Etat Libre du Congo » a été mis en valeur pour le seul profit de Léopold. La SDN qui commencera à s’émouvoir demandera timidement des investissements modestes pour le bénéfice des populations. Pensant avoir su tirer du sol, du sous-sol et de la force de travail des Congolais le maximum, Léopold refourguera le bébé à la Belgique en 1908 tout en continuant à piller le pays par l’intermédiaire des sociétés minières notamment.

L’éducation se limitera au minimum pour les garçons comme pour les filles. La construction du chemin de fer se fera, non pour des voyageurs, mais pour les marchandises, bien sûr, destinées à la puissance coloniale.

Ce sera également le début de l’agriculture d’exportation, café, cacao, fruits, manioc… Les colonies apportant par exemple les bananes du Banania et le manioc du tapioca qui permit à la génération née pendant la seconde guerre mondiale à recevoir suffisamment de calories dans une Europe dévastée. On pourrait bien sûr rappeler la présence des anciens combattants originaires d’Afrique qui constituèrent la colonne vertébrale de la 2ème DB.

Puis, la paix revenue en Europe, les massacres de Sétif ou de Madagascar rappelèrent aux colonisés leur statut et leur impossible (à l’époque) accès à l’indépendance.

Ces cultures de rente et cette exploitation des ressources minières auront la vie dure… jusqu’à aujourd’hui. Malgré les tentatives de certains députés de droite de présenter la colonisation sous un aspect positif, l’Afrique Noire notamment était bien mal partie comme l’avait annoncé René Dumont à l’aube des années 60.

  • Conséquences
  • Ecologiques : surexploitation des terres, pillage du sous-sol…
  • Solidaires : colonialisme, utilisation des colonies comme réservoir
  • Démocratiques : citoyenneté de seconde zone, racisme institutionnel…

Le néo-colonialisme, à bas !

Les indépendances qui ont commencé à fleurir à la fin des années 50 donneront un véritable espoir aux peuples. Cet espoir sera rapidement déçu par la gestion indirecte exercée par les puissances coloniales. La France et l’Afrique formeront rapidement un couple, appelé Françafrique, qui sera pour les dirigeants hexagonaux et africains le moyen de prélever un gros pourcentage sur ce qui aurait dû revenir aux citoyens.

Les velléités d’indépendance économique et de rectification des termes de l’échange se verront sanctionnées par la France ou l’Angleterre, notamment sur le prix du café ou du cacao, côtés à la bourse de Londres. René Dumont a également dénoncé ce fait qui, à cause du besoin de devises, a renforcé l’agriculture d’exportation aux dépens de l’agriculture vivrière.

Les anciennes puissances coloniales favoriseront les guerres entre pays, les conflits ethniques, l’ethnisme en arrosant notamment l’Afrique d’armes, de munitions et de sous-munitions diverses et mortelles. Un pays en guerre est plus facile à piller qu’un pays en paix. De plus, les famines, parfois surmédiatisées (Biafra, Ethiopie, Niger…) ont des causes autant politiques que climatiques.

Il est difficile aujourd’hui d’admettre que les anciennes colonies ont eu une indépendance effective. La tutelle de l’ancienne métropole coloniale n’a pas totalement disparu et a souvent été épaulée ou remplacée par celle de la Banque Mondiale ou du FMI, forçant les pays du Sud à des privatisations massives ou le dégraissage de la fonction publique.

  • Conséquences
  • Ecologiques : monocultures et insuffisances alimentaire, destruction des forêts…
  • Solidaires : famines
  • Démocratiques : dictatures, conflits, guerres

Notre consommation se répercute ailleurs

La colonisation économique continue pour que nous puissions remplir nos réservoirs avec des carburants venant du pétrole congolais ou nigérian, pour que nous puissions manger des haricots verts frais du Kenya en plein hiver, ou que nous puissions offrir des rivières de diamants libériens.

Nos besoins sont bien souvent les causes des malheurs des citoyens des pays du Sud, notamment africain. Ainsi, il est reconnu aujourd’hui sur le continent que la richesse du sous-sol, loin d’apporter du confort aux peuples, apporte souvent le malheur, dictatures, pénuries alimentaires ou énergétiques.

Le contexte de crise mondiale de l’énergie ou de crise alimentaire pénalise beaucoup plus fortement les pays en voie de développement et leurs habitants. D’ailleurs les récentes émeutes de la faim on souvent commencé par des manifestations contre les hausses de prix de l’énergie (carburant, charbon de bois…). Pour chaque goutte de pétrole, combien de gouttes de sang ? Pour chaque meuble en bois « exotique » combien d’arbres coupés et d’espèces végétales et animales disparues ?

Le Sud et notamment l’Afrique ne réclament pas la charité, ni même la solidarité, mais tout simplement le droit, la justice permettant de trouver sa place dans le monde économique sans continuer à se faire piller en toute impunité par des dirigeants qui, ici et là-bas, développent surtout leurs comptes numérotés en Suisse.

Pensons à ce que nous consommons et comment nous consommons. Chaque citoyen peut agir en privilégiant la quantité à la qualité, en pensant aux achats éthiques et au commerce équitable.

Je terminerai avec une citation de « Le développement comme colonialisme » d’ Aimé Césaire :

" On me parle de progrès, de réalisations, de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes. Moi, je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, de cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées. On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de route, de canaux, de chemin de fer. Moi je parle de milliers d'hommes sacrifiés au Congo-Océan chemin de fer. Je parle de ceux qui, à l'heure où j'écris, sont en train de creuser à la main le port d'Abidjan. Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme. On m'en donne plein la vue de tonnage de coton ou de cacao exporté, d'hectares d'oliviers ou de vignes plantés. Moi je parle d'économies naturelles, d'économies harmonieuses et viables, d'économies à la mesure de l'homme indigène désorganisées, de cultures vivrières détruites, de sous-alimentation installée, de développement agricole orienté selon le seul bénéfice des métropoles, de rafles de produits, de rafles de matières premières. "

jeudi 22 mai 2008

Repeindre la Maison Blanche ?

obama.jpgQuarante ans après l’assassinat de Martin Luther King, quarante-trois ans après celui de Malik El Shabbaz a.k.a. Malcolm X, les Etats-Unis d’Amérique sont sur le point d’envoyer un Noir (enfin, vu comme tel) à la Maison Blanche. Barack Obama réussira-t-il à transcender les clivages « raciaux » comme on dit au pays de l’oncle Sam et de l’oncle Tom réunis ?

Il n’aura échappé à personne que le candidat qui sera vraisemblablement choisi par le Parti Démocrate ne correspond pas au profil type d’un occupant de la Maison Blanche. En effet, Obama est le premier candidat à l’élection présidentielle de l’ère moderne à avoir découvert le monde extérieur au territoire américain avant son élection en vivant à l’étranger. Ainsi, George W Bush a-t-il commencé à voyagé au-delà de ses propres frontières une fois élu.

Mais Obama ne possède pas uniquement cette originalité, vous l’aurez certainement remarqué. Ainsi, s’il est élu, il sera certainement le premier président américain à être issu d’un couple dont un des deux membres n’est (ou n’était) pas de nationalité américaine. On peut même dire qu’il est issu de deux, voire trois, le beau-père de son enfance étant indonésien. Ce sera également très certainement le premier président US à avoir une grand-mère vivant dans un village au Kenya. Dans la série des « premières », il risque fort d’être également le premier président (toujours US) à avoir un patronyme avec une consonance qui ne soit pas anglo-saxonne. Bref, les zuhèssas ont la possibilité de changer radicalement le profil type du white anglo saxon protestant, le WASP, qui a toujours prévalu, la parenthèse catholique incarnée par JF Kennedy ayant pris fin avec la course d’une balle magique dans les rues de Dallas.

Alors, bien sûr, j’en entends derrière leur poste de radio (ou leur écran d’ordinateur) se dire, mais va-t-il le dire ‘ou l’écrire) ou pas ? Dire quoi ? Le mot « Noir ». Car, vous l’aurez également remarqué, Barack est le premier « Noir » à avoir une chance sérieuse d’occuper la Maison Blanche, ont répété et martelé les médias. Certes, le taux de mélanine du candidat est une autre de ses particularités, et à ce propos, Jesse Jackson se souvient encore de ses essais ratés pour obtenir l’investiture démocrate. Comment donc aborder le sujet pour un homme qui est Noir, certes, mais également Blanc ?

On peut donc, à l’instar (comme on dit à Hollywood) des commentateurs autorisés se dire qu’Obama a réussi à transcender la barrière de la couleur, la fameuse « color line » en rassemblant sur sa candidature des Noirs et des Blancs. On pourrait même peut-être faire un rêve éveillé, le rêve d’une Amérique qui permette aux deux communautés de se doter d’un projet commun, un projet métissé. Mais, ne pêchons pas par excès d’optimisme.

Enfin, rendons à Césaire ce qui appartient à Césaire, ou plutôt rendons à Barack ce qui appartient à Obama, les électeurs des primaires et caucus démocrates l’ont choisi en fonction de sa vision politique, les propositions viendront pendant la campagne contre McCain, le candidat qui pourrait à son tour perdre la frite qui l’anime. L’opposition entre Barack Obama et Hilary Clinton durant cette série de primaires permet d’envisager que le choix des démocrates s’est effectué finalement hors du critère « race » ou « sexe » mais sur deux personnalités et deux visions « générationnelles » de cette partie d’Amérique.

Le mot de la fin à Malcolm X qui a déclaré peu de temps avant son assassinat : « Il faut reconnaître tout être humain, sans chercher à savoir s’il est blanc, noir, basané ou rouge ; lorsque l’on envisage l’humanité comme une seule famille, il ne peut être question d’intégration ni de mariage inter-racial

Et si Obama était un homme, tout simplement ?

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