Alors que les élections
présidentielles en Côte d’Ivoire et en Guinée (Conakry) ont mobilisé
l’attention du fait de scrutins qui paraissaient serrés et incertains,
l’élection présidentielle au Burkina Faso n’a pas déchaîné de mobilisation
journalistique. La faute à un scrutin joué d’avance ?
C’est un fait : cette élection n’a pas revêtu la même portée symbolique au Pays des Hommes Intègres que chez ses voisins ivoiriens ou guinéens. Certes, dans ces deux derniers pays, le caractère du scrutin après moult annulations et reports était une sorte de test pour renouer avec un processus de démocratisation après des conflits civils. Au pays du regretté Thomas Sankara, dont le nouveau président est aussi l’ancien et ce depuis 1987, soit 23 ans, égrenant une litanie de dates (1991, 1998, 2005 et 2010) toutes plus funestes les unes que les autres en ce qui concerne l’idéal démocratique. Mais notre Blaise qui, à l’aise, gagne toutes les élections auxquelles il se présente, a de l’expérience et sait comment faire pour conserver un pouvoir acquis par le sang. Commençons par les cartes d’électeur : celles-ci ont été déclarées non-conformes par le tribunal administratif du Burkina. Ce préambule a certainement contribué à décourager les volontés citoyennes, puisque ce sont moins de la moitié des électeurs qui pont fait la démarche d’aller s’inscrire sur les listes électorales du Faso. Faisons les comptes : sur les sept millions d’électeurs potentiels, moins de la moitié s’est inscrite (soit entre trois millions et trois millions et demi). De la même manière, sur ces trois millions d’inscrits, un peu plus d’un million et demi se sont déplacés pour voter. A chaque étape, une perte de la moitié des électeurs potentiels : un véritable quart-monde de la démocratie !
De plus en plus, les collectivités
locales font appel au gentil mécénat des gentilles sociétés nous vendant à
longueur d’année et de pages de publicité papier, télé ou radio leur biens de
consommation. Connaissant leur philanthropie, leur désintéressement et quelques
niches fiscales, devons-nous applaudir ou pleurer ?
