
La Coupe d’Afrique des Nations, en jargon footballistique la CAN, revient comme tous les deux ans tenir en haleine les commentateurs sportifs. Parfois, on se dit qu’on aimerait que ce soient les commentateurs politiques qui se saisissent de cet objet d’actualité tant l’organisation de la compétition semble liée à des contraintes géo-politico-économico stratégiques…
En effet, cette année, c’est donc le Gabon, pays immense et très peuplé de près d’un million et demi d’habitants, et la Guinée Équatoriale (six cent mille ? sept cent mille habitants ou plutôt sujets de la famille Obiang) qui ont l’honneur d’organiser la CAN. Outre leur voisinage mutuel, ces deux pays ont en commun certaines traditions politiques. Tout d’abord, les deux pays sont sous la coupe réglée de deux familles (Bongo pour le Gabon et Obiang pour la Guinée Équatoriale) qui ont confisqué le pouvoir et les ressources naturelles, le sacro-saint pétrole, à leur propre profit.
On citera bien sûr les actions en justices menées par diverses associations de grincheux (dont Transparency International, Survie…) dans le procès dit des biens mal acquis. Car les familles Bongo et Obiang ne détestent pas à l’occasion investir dans la pierre et dans des pays occidentaux, au premier rang desquels la France. On ne niera pas non plus l’attirance dans des biens, mal acquis, certes, mais de luxe et qui vous classent leur propriétaire aussi sûrement qu’une collection de Rolex.
C’est le principal intérêt du pétrole qui permet une économie obscure faite de dessus et de dessous de table, de commissions, de rétro commissions et peut-être même de rétro rétro commissions ! Ainsi, un des fils du dictateur équato-guinéen, Tedoro Junior Obiang (son destin est tout tracé pour succéder à son père tel un Bongo, Bush ou El-Assad de base) a pu s’offrir une superbe collection de véhicules plutôt classe : 7 Ferrari, 4 Mercedes-Benz, 5 Bentley, 4 Rolls-Royce, 2 Bugatti, 1 Aston Martin, 1 Porsche, 1 Lamborghini et 1 Maserati, bref un lot d’une valeur de pas moins de douze millions de dollars US, importé en 2009 des States et qui avait à l’époque tracassé la douane de ce pays. Mais il faut bien se déplacer sur les routes du grand pays qu’est la Guinée Equatoriale (superficie 2 034 km², soit à la louche 6 fois plus petit que… la Haute-Normandie). On pourra considérer ces véhicules dont la fiabilité est légendaire comme des utilitaires, ce qui ferait de Teodoro Junior un conducteur avisé.
Mais l’apprenti successeur est aussi un homme de goût et de ce fait un véritable esthète. Il a acquis il y a quelques années la collection d’œuvres d’art de feu Yves Saint-Laurent lors d’une vente aux enchères pour la modique somme de 18 347 952 euros et… 30 centimes.
On retiendra que le pays dont la capitale est Malabo est un champion en matière d’indicateurs… de développement humain : l’espérance de vie est de 50 ans, la mortalité infantile avant 5 ans est de 205 pour 1000 naissance (20 % !), moins de la moitié de la population a accès à l’eau potable malgré le pétrole dont la production en fait un des 30 plus gros pays producteurs au monde. La redistribution des richesses nationales est un gros mot en Guinée Équatoriale. On remarquera également que la dernière CAN a eu lieu en Angola, que cette CAN aurait se tenir en Lybie en cas de défaillance des deux présipautés pétrolières.
Les dirigeants politiques ou économiques occidentaux qui aiment intervenir ou investir dès qu’ils renflent du pétrole, se consoleront tout de même en regardant le symbolique match d’ouverture de la compétition : Guinée Équatoriale – Lybie ! Certes, moins prestigieux qu’un Ghana – Mali par exemple en matière de foot comme en matière de démocratie. On objectera que la confédération Africaine de Football n’a certes pas beaucoup de choix si elle tient à organiser ses compétitions dans des pays démocratiques. Mais l’avant dernière CAN a eu lieu en Egypte (Moubarak n’a plus la baraka), celle-ci aurait pu être en Lybie (ça n’a pas porté chance à Kadhafi), alors je m’appellerai Bongo ou Obiang, je me méfierais !
Le mot de la fin à l’écrivain sociologue belge Pierre Mertens qui a dit ou écrit un jour : « La dictature n'est rien d'autre qu'une machine à fabriquer du passé avec de l'avenir. »
Le plus dur à venir étant de passer… en quarts de finale !

Malgré ses (presque) soixante dix-neuf ans,
Jacques Chirac pète la forme en ce qui concerne son actualité judiciaire. Après
son anosognosie qui lui évite bien des tracas dans les prétoires, on lui
propose même la relaxe dans l’affaire des emplois fictifs de la Mairie de
Paris. Profitons-en, le mari de Bernadette paye sa tournée
générale…

Il n’aura échappé à personne que nous
sommes aujourd’hui le 21 avril… Il y a huit ans, une drôle de configuration
électorale allait nous faire vivre un second tour de l’élection présidentielle
assez particulier…
« Il appartient maintenant à
la majorité de tirer les conséquences d'une élection, qui pour être locale,
n'en a pas moins une dimension politique qui n'est pas contestable.
»
L’inénarrable Georges Frêche,
empereur de la Septimanie, s’est encore laissé aller à une bavure verbale.
Après les Harkis et les Noirs, c’est au tour des Juifs de se trouver au milieu
d’un bon mot de Georges 7…
Une pétition
internationale demande la "rectification" du traitement de l'assassinat de
Thomas Sankara.
Bon,
bien. Le nouveau Ministre de l’Intérieur a lancé l’idée d’un couvre-feu
concernant les mineurs délinquants de moins de 13 ans. Encore une idée en l’air
?
Impossible sur les chaînes de télé
françaises d’échapper au « kamikaze » de Nouakchott qui s’est fait
exploser samedi dernier près de l’ambassade de France… Un écran de fumée pour
une élection controversée ?
Alors que parmi 60 millions de
consommateurs hexagonaux, un certain nombre n’ont plus d’intérêt que pour les
soldes dans les magasins, boutiques ou sur le web, les zimbabwéens assistent
impuissants à la grande braderie de la démocratie par le vétéran Robert
Mugabe.
