Ministère pour un Monde Meilleur

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mercredi 18 janvier 2012

Yes we CAN 2012 !

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La Coupe d’Afrique des Nations, en jargon footballistique la CAN, revient comme tous les deux ans tenir en haleine les commentateurs sportifs. Parfois, on se dit qu’on aimerait que ce soient les commentateurs politiques qui se saisissent de cet objet d’actualité tant l’organisation de la compétition semble liée à des contraintes géo-politico-économico stratégiques…

En effet, cette année, c’est donc le Gabon, pays immense et très peuplé de près d’un million et demi d’habitants, et la Guinée Équatoriale (six cent mille ? sept cent mille habitants ou plutôt sujets de la famille Obiang) qui ont l’honneur d’organiser la CAN. Outre leur voisinage mutuel, ces deux pays ont en commun certaines traditions politiques. Tout d’abord, les deux pays sont sous la coupe réglée de deux familles (Bongo pour le Gabon et Obiang pour la Guinée Équatoriale) qui ont confisqué le pouvoir et les ressources naturelles, le sacro-saint pétrole, à leur propre profit.

On citera bien sûr les actions en justices menées par diverses associations de grincheux (dont Transparency International, Survie…) dans le procès dit des biens mal acquis. Car les familles Bongo et Obiang ne détestent pas à l’occasion investir dans la pierre et dans des pays occidentaux, au premier rang desquels la France. On ne niera pas non plus l’attirance dans des biens, mal acquis, certes, mais de luxe et qui vous classent leur propriétaire aussi sûrement qu’une collection de Rolex.

C’est le principal intérêt du pétrole qui permet une économie obscure faite de dessus et de dessous de table, de commissions, de rétro commissions et peut-être même de rétro rétro commissions ! Ainsi, un des fils du dictateur équato-guinéen, Tedoro Junior Obiang (son destin est tout tracé pour succéder à son père tel un Bongo, Bush ou El-Assad de base) a pu s’offrir une superbe collection de véhicules plutôt classe : 7 Ferrari, 4 Mercedes-Benz, 5 Bentley, 4 Rolls-Royce, 2 Bugatti, 1 Aston Martin, 1 Porsche, 1 Lamborghini et 1 Maserati, bref un lot d’une valeur de pas moins de douze millions de dollars US, importé en 2009 des States et qui avait à l’époque tracassé la douane de ce pays. Mais il faut bien se déplacer sur les routes du grand pays qu’est la Guinée Equatoriale (superficie 2 034 km², soit à la louche 6 fois plus petit que… la Haute-Normandie). On pourra considérer ces véhicules dont la fiabilité est légendaire comme des utilitaires, ce qui ferait de Teodoro Junior un conducteur avisé.

Mais l’apprenti successeur est aussi un homme de goût et de ce fait un véritable esthète. Il a acquis il y a quelques années la collection d’œuvres d’art de feu Yves Saint-Laurent lors d’une vente aux enchères pour la modique somme de 18 347 952 euros et… 30 centimes.

On retiendra que le pays dont la capitale est Malabo est un champion en matière d’indicateurs… de développement humain : l’espérance de vie est de 50 ans, la mortalité infantile avant 5 ans est de 205 pour 1000 naissance (20 % !), moins de la moitié de la population a accès à l’eau potable malgré le pétrole dont la production en fait un des 30 plus gros pays producteurs au monde. La redistribution des richesses nationales est un gros mot en Guinée Équatoriale. On remarquera également que la dernière CAN a eu lieu en Angola, que cette CAN aurait se tenir en Lybie en cas de défaillance des deux présipautés pétrolières.

Les dirigeants politiques ou économiques occidentaux qui aiment intervenir ou investir dès qu’ils renflent du pétrole, se consoleront tout de même en regardant le symbolique match d’ouverture de la compétition : Guinée Équatoriale – Lybie ! Certes, moins prestigieux qu’un Ghana – Mali par exemple en matière de foot comme en matière de démocratie. On objectera que la confédération Africaine de Football n’a certes pas beaucoup de choix si elle tient à organiser ses compétitions dans des pays démocratiques. Mais l’avant dernière CAN a eu lieu en Egypte (Moubarak n’a plus la baraka), celle-ci aurait pu être en Lybie (ça n’a pas porté chance à Kadhafi), alors je m’appellerai Bongo ou Obiang, je me méfierais !

Le mot de la fin à l’écrivain sociologue belge Pierre Mertens qui a dit ou écrit un jour : « La dictature n'est rien d'autre qu'une machine à fabriquer du passé avec de l'avenir. »

Le plus dur à venir étant de passer… en quarts de finale !

mardi 25 octobre 2011

Bois-Guillaume / Bihorel : Main basse sur la ville

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Tous les habitants de Bois-Guillaume ou de Bihorel sont aujourd’hui concernés par la fusion de nos deux communes. Que nous ayons été indécis, opposés ou favorables à ce projet, nous sommes désormais voués à essuyer les plâtres d’une réforme des collectivités inachevée dont le chapitre « fusion de communes » est critiqué à droite et à gauche et est promis à révision dès 2012.

Un projet inabouti et imposé, des maires discrédités

Le rejet sans appel du projet de fusion exprimé dans les urnes le dimanche 26 juin dernier a bien montré à quel point il ne portait aucune perspective. En dépit de l’appui d’un bureau d’études, d’une agence de communication et de l’administration, les maires des deux communes ont échoué à emporter la conviction des habitants.

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mercredi 21 septembre 2011

Relaxe générale !

 Malgré ses (presque) soixante dix-neuf ans, Jacques Chirac pète la forme en ce qui concerne son actualité judiciaire. Après son anosognosie qui lui évite bien des tracas dans les prétoires, on lui propose même la relaxe dans l’affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris. Profitons-en, le mari de Bernadette paye sa tournée générale…

L’inénarrable ancien président a au moins autant de ressources, sans mauvais jeu de mots, après sa carrière politique que pendant. Pour reprendre une de ses expressions favorites, quand la Justice s’emmêle et s’en mêle, les accusations le concernant font pschitt, ce qui n’est pas le cas de la nouvelle taxe sur les sodas, soit dit en passant.

Ainsi, dans cette affaire des emplois fictifs pour laquelle Jacques Chirac était sur la sellette avec ses neuf complices, pardon, co-prévenus, il semblerait que la Justice elle-même finisse par devenir elle aussi fictive. Michel Maes, le procureur qui officie dans cette affaire a demandé « la relaxe pour l'ensemble des prévenus pour les faits qui leur sont reprochés ». Mais ce n’est pas tout, au cas où la relaxe n’aurait pas été accordée, Monsieur Maes avait tout prévu et proposé à la Cour : « Si vous deviez considérer que le délit est constitué, vous prononcerez une dispense de peine. »

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dimanche 4 septembre 2011

La démocratie est-elle soluble dans la fusion ?

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Depuis sa présentation aux élus en 2009, les couacs se sont accumulés dans cette affaire. Jusqu’à son épilogue. Le tout dans une version éminemment antidémocratique…

Si vous avez suivi l’actualité concernant ce projet porté principalement par les maires de Bois-Guillaume et Bihorel, vous savez déjà que l’idée démocratique a été mise à mal tout au long de la mise en œuvre du processus.

Déjà, nous savons que ce projet n’était pas dans les programmes des deux maires lors de la campagne électorale. On se rappelle de la fameuse phrase de M. Renard qui ne voulait pas « polluer le débat » avec une fusion lors des dernières municipales. Se présenter face aux électeurs avec des projets cachés (outre la fusion, le bradage de terrains municipaux au profit de l’enseignement privé confessionnel) est loin de l’éthique que tout démocrate doit présenter aux électeurs.

La première réunion où nous fut présenté ce projet restera également dans les annales de la mauvaise gouvernance : comment se fit-il que les élus des groupes majoritaires possédaient des mandats de leurs collègues alors… qu’aucun vote n’était précisé sur la convocation et que deux conseils municipaux distincts ne peuvent participer à un même scrutin lors de rencontres intercommunales ?

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vendredi 3 juin 2011

La politique, c’est le pied !

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L’affaire Strauss-Kahn aurait-elle libéré la parole sur les rapports qu’entretiennent certains politiques avec la « chose », euh, comment dire, les choses de la vie, bref, en clair, le sexe ? Une situation dans laquelle se retrouvent pêle-mêle hommes politiques, médias, accusateurs, victimes et coupables présumés, orifices divers et échanges de fluides…

Si selon Clausewitz, la guerre est « la continuation de la politique par d’autres moyens », nous pouvons nous demander à la lumière du climat qui règne en ce moment dans le microcosme politico-médiatique, si finalement la politique ne serait pas « la continuation de la sexualité par d’autres moyens » à moins que ce ne soit l’inverse. En effet, depuis le grand déballage sur les emballages express de DSK avant le « troussage de domestique » évoqué par un autre Kahn, on commence à entendre de belles histoires pour l’édification des masses sur les libidos exacerbées des thuriféraires de la démocratie à la sauce Cinquième République dont le priapisme confine, selon la sagesse populaire, à la bonne santé.

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mercredi 21 avril 2010

Le 21 avril 2002

allumette.jpgIl n’aura échappé à personne que nous sommes aujourd’hui le 21 avril… Il y a huit ans, une drôle de configuration électorale allait nous faire vivre un second tour de l’élection présidentielle assez particulier…

C’était cinq ans avant l’avènement de Nicolas 1er. En ce temps-là, la France qui venait, du moins sur le plan du calendrier, de basculer dans le XXIème siècle nous offrait un second tour assez inédit dans l’histoire de la Cinquième République. Souvenez-vous… L’escroc ou le facho ? Lionel qui décidait de se retire de la vie politique. Des manifs dans les rues pour contrer le danger du second tour, deux millions de personnes dans les rues le premier mai. Des valises qui ne semblaient qu’attendre d’être bouclées pour aller se réfugier, qui en Belgique, qui au Québec. Un climat assez particulier.

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mardi 23 mars 2010

Régionales 2010, le verdict des urnes

urnefuneraire.jpg« Il appartient maintenant à la majorité de tirer les conséquences d'une élection, qui pour être locale, n'en a pas moins une dimension politique qui n'est pas contestable. »

Ainsi parlait Nicolas Sarkozy il y a six ans du résultat des régionales de 2004. Certes, le locataire de l’Elysée n’était pas à encore à l’apogée de sa geste politique. A l’époque, il bataillait ferme pour remonter le courant, piquer la place de Premier Ministre à Raffarin et tracer la ligne droite de son avenir politique qui allait le mener au Fouquet’s un certain soir de mai 2007…

Dreamland

Pour ainsi dire, la Droite a gagné ces élections. Pensez-donc : l’Alsace a été sauvée des griffes socialo-écolos, la Réunion a viré l’inamovible Paul Vergès et la Guyane a élu un transfuge « divers gauche » soutenu par l’UMP.

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vendredi 29 janvier 2010

Des nouvelles frêches du Languedoc-Roussillon

septimanie.jpgL’inénarrable Georges Frêche, empereur de la Septimanie, s’est encore laissé aller à une bavure verbale. Après les Harkis et les Noirs, c’est au tour des Juifs de se trouver au milieu d’un bon mot de Georges 7…

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mardi 19 janvier 2010

Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique

thomas_sankara-2d0df.jpg Une pétition internationale demande la "rectification" du traitement de l'assassinat de Thomas Sankara.

De nombreux témoignages, souvent en provenance d’anciens compagnons de Charles Taylor, mettent en cause Blaise Compaoré dans l’assassinat de Thomas Sankara, avec la complicité d’Houphouët Boigny, mais aussi de la France, de la CIA et d’autres personnalités africaines.

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jeudi 5 novembre 2009

Hortefeux et couvre-feu : une rime riche ?

curfew.jpgBon, bien. Le nouveau Ministre de l’Intérieur a lancé l’idée d’un couvre-feu concernant les mineurs délinquants de moins de 13 ans. Encore une idée en l’air ?

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mardi 11 août 2009

Mauritanie : élection, attentat et dommages collatéraux

mauri1.jpgImpossible sur les chaînes de télé françaises d’échapper au « kamikaze » de Nouakchott qui s’est fait exploser samedi dernier près de l’ambassade de France… Un écran de fumée pour une élection controversée ?

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mercredi 25 juin 2008

Zimbabwe : une démocratie en soldes

soldes.jpgAlors que parmi 60 millions de consommateurs hexagonaux, un certain nombre n’ont plus d’intérêt que pour les soldes dans les magasins, boutiques ou sur le web, les zimbabwéens assistent impuissants à la grande braderie de la démocratie par le vétéran Robert Mugabe.

Le leader incontesté du Zanu-PF (Zimbabwe African National Union – Patriotic Front) mais pas le leader incontestable de l’ancienne Rhodésie du Sud a donc fini par user les velléités d’accession à la présidence de Morgan Tsvangirai qui, tel un boxeur ayant pris une série de coups divers et répétés, a jeté l’éponge dans un combat trop inégal. Pourtant, si l’histoire ne se répète pas, elle bégaie assez souvent, y compris dans le pays qui fut sur la ligne de front dans le combat contre l’Apartheid. Arrivé au pouvoir en 1980 après une lutte armée contre le régime ô combien raciste de Ian Smith et auréolé de l’hymne non officiel écrit par Bob Marley, Robert Mugabe avait suscité les espoirs de la population noire du Zimbabwe, mais également ceux de la minorité blanche, y compris Ian Smith ou Ken Flower, chef du renseignement de la Rhodésie pourrissante. Mais la lune de miel avec toutes les composantes du peuple zimbabwéen a vite tourné en lune de fiel. Avec tous.

Ainsi, six mois après l’indépendance, l’entraînement des forces de sécurité fut confié à la si populaire et démocratique Corée du Nord. Dans le même temps, les lieutenants de Robert commencèrent une campagne de dénigrement de l’autre parti, le Zapu (Zimbabwe African People’s Union), et bien sûr de ses leaders, au premier rang desquels Joshua Nkomo, à ne pas confondre avec l’ancien gardien de but camerounais, Thomas Nkono. La pression des supporters du parti du désormais président aboutit à des affrontements entre Zanu et Zapu, instaurant une relative terreur parmi la population d’ethnie Ndebele, notamment. Les années suivantes, des purges au sein de l’armée nationale vidèrent drastiquement ses rangs des anciens de « l’autre » armée de libération, celle de Joshua Nkomo, par des bannissements ou des assassinats. La fidélité actuelle de l’armée envers le vieil autocrate était à ce prix. Les soubresauts du régime à l’encontre de ses opposants se répétèrent ensuite en 1985 où des milliers de Ndebele furent internés dans des camps. Le tout passa relativement inaperçu, les yeux du monde étant braqués sur la lutte de l’ANC chez le voisin sud africain.

La machine était lancée. Les années passant et le président vieillissant sans se bonifier, le contraste fut saisissant lorsqu’un autre ancien des luttes fut élu président de l’Afrique du Sud voisine, l’immense Nelson Mandela, qui, lui, sut ne pas s’accrocher au pouvoir comme un morpion dans le slip d’un queutard. Nonobstant l’exemple de l’ex prisonnier N° 466-64, Old Bob instaura une sorte de culte de la personnalité d’inspiration chino-coréenne doublé d’un pouvoir musclé et sourd, voire aveugle, mais certainement pas manchot.

L’espoir d’une alternance suscité par l’élection présidentielle de 2008 fut rapidement déçu par les manipulations du vote des électeurs zimbabwéens et les atermoiements de la commission électorale indépendante, forcément indépendante, même de la réalité. Le vainqueur du premier tour de la présidentielle dont le parti remporta la législative abandonne l’épreuve de force avec le vieux président pour épargner à la population et à ses partisans les exactions qui reprennent avec une vigueur nouvelle et digne des années quatre-vingts. On ne reviendra que peu sur le processus qui a mit fin à la candidature alternative du Movement for a Democratic Change qui partage avec le groupuscule de Jean-Pierre Chevèment les initiales MDC, juste pour signaler que tout était relativement prévisible pour qui s’intéresse un tant soi peut à la gouvernance Mugabe depuis son accession au pouvoir. Les quelques acquis démocratiques sont exposés voire explosés dans cette grande braderie. Le prix du pouvoir est garanti à moins de 50% pour Tsvangirai, mieux qu’aux Galeries Lafayette !

Le mot de la fin au President himself, Robert Mugabe qui, dans une sorte de virage mystique façon Mitterrand sur la fin de sa vie, a déclaré : «Le MDC ne sera jamais, au grand jamais, autorisé à diriger ce pays. Seul Dieu peut me retirer le pouvoir qu'il m'a donné, ni le MDC ni les Britanniques».

Pauvre Chevènement, il n’a pourtant rien fait !