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Tag - devoir de mémoire

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dimanche 25 avril 2010

Un hexagone et mille collines...

Rwanda_hills.jpgSamedi 24 avril avait lieu à Rouen la 16ème commémoration du génocide des Tutsi du Rwanda. Ce devoir de mémoire a regroupé plus de 60 personnes venues se remémorer la tragédie vécue par les Rwandaiss en 1994 et rendre un hommage aux résistants de Bisesero. Je suis intervenu dans cette soirée en tant que vice-président de Survie Haute-Normandie. J'ai rappelé les liens troubles que la France a entretenus avec le Rwanda et proposé quelques pistes pour qu'une réconciliatin entre les deux pays soit effective et réelle. Voici le texte de mon intervention.

Un peu d’histoire

Dès octobre 1990 et l’attaque du FPR à partir de l’Ouganda, l’implication de la France dans la politique rwandaise va devenir de plus en plus prégnante.

La France est impliquée au Rwanda depuis 1975, année pendant laquelle le gouvernement de VGE va signer des accords militaires avec le gouvernement Juvénal Habyarimana. De coopération entre les gendarmeries, le champ va s’élargir à la coopération militaire proprement dite à partir de 1990.

Plusieurs témoins, chercheurs ou journalistes ont rapporté des faits d’engagements de l’armée française aux côtés des ex FAR, déjà lors du mois d’octobre. Plus tard, entre 1990 et 1994, les militaires français se targueront d’être intervenus militairement pour stopper une colonne du FPR qui se dirigeait vers Kigali. Par exemple, il a été remarqué que le 5 octobre 1990, les militaires français participeront aux côtés des FAR au simulacre d’une attaque de Kigali, ce qui amènera à l’arrestation de nombreux Tutsi, parqués dans le Stade national.

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mercredi 18 février 2009

Anticolonial !

anticolonial.jpgEn 2006, quelques militants que l’on aurait qualifiés de tiers-mondistes dans les pas-si-terribles-que-çà années 70, ont lancé une « Semaine Anticoloniale ».

Rejoints par d’autres personnes ou associations depuis, cette semaine d’informations et d’actions autour du fait colonial d’hier, d’aujourd’hui et peut-être même de demain, commence à s’installer dans le paysage.

Alors, vieilles chimères ou combat d’avant-garde ?

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mercredi 21 janvier 2009

Décès de Jean Carbonare

jeancarbonare.jpgJean Carbonare est décédé samedi 17 janvier dernier. Infatigable humaniste, Jean a été président de l’association Survie de 1988 à 1994.

Jean Carbonare n’était pas connu du grand public es qualités. Pourtant, le 24 janvier 1993, c’est un homme très ému qui a lancé l’alerte quant au risque de génocide au Rwanda. Alors mandaté par la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), il avait enquêté plusieurs semaines au « pays des mille collines » sur le massacre des Bagogwe, population rwandaise de la région de Bigogwe. Il avait lancé ce cri d’alarme lors du journal de Bruno Masure. L’émotion de cet homme avait touché beaucoup de gens. Ses propos sur le rôle de notre pays dans ce qui se préparait alors avaient montré un courage certain.

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vendredi 19 décembre 2008

Norbert Zongo : 10 ans déjà

Cela fait 10 ans que Norbert Zongo, journaliste burkinabè a été assassiné. Depuis, l'impunité concernant ses assassins et ses commanditaires semble s'installer au Pays des Hommes Intègres.

Un comité pour la vérité s'est monté. Il a été rajoint par plusieurs artistes du Burkina, du Sénégal, de Côte d'Ivoire... dont Didier Awadi, Samsklejah, Zedess, Tiken Jah Fakoly et d'autres. Ces "artistes unis pour Norbert Zongo" ont réalisé un album et un clip pour demander que justice soit faite, le voici.

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jeudi 11 décembre 2008

Attention, une commémoration peut en cacher une autre

un_train_peut_en_cacher_un_autre.jpgLa France est un pays où l’on aime les commémorations de toutes sortes. On se souvient encore de l’année Berlioz, Flaubert, Hugo, Trucmuche, du bicentenaire de la Révolution française, du centenaire de Jeanne Calment, on célèbre les 25 ans de ceci, les 30 ans de cela, les 42 ans et demi de ceci cela. Bref, on fait comme si on avait de la mémoire...

Pourtant si la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme a eu ce 10 décembre 2008 justement droit aux égards médiatiques de la presse, des télés et des radios à l’occasion de ses soixante ans (presque l’âge de la retraite, plus que 10 ans !), une autre commémoration est passée inaperçue la veille, le 9 décembre…

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mercredi 17 septembre 2008

Cameroun 1958 : ethnisme à la française

rubenummyobe.jpgIl y a tout juste 50 ans, soit pour les amateurs de précisions synonymiques un demi siècle, cinq décennies ou encore un vingtième de millénaire, notre chère République Française alors en proie aux demandes d’indépendance insistantes des indigènes de nos colonies et en pleine guerre d’Algérie, pardon, en pleine opération de pacification du département français d’Afrique du Nord, notre chère République, donc, n’hésita pas à commettre l’irréparable sur le sol camerounais.

En 1958, la France coloniale voulut créer une sorte de jurisprudence anti anticolonialiste. L’Union des Populations du Cameroun (UPC) et son leader Ruben Um Nyobè devinrent alors des cibles prioritaires pour l’administration coloniale du pays dit des Droits de l’Homme. Mais revenons quelque peu en arrière pour resituer l’événement dans le contexte camerounais de l’époque. En 1948, soit dix ans avant notre date à l’origine du cinquantenaire, l’UPC se forme à Douala. Rapidement, Ruben Um Nyobè, par son charisme, homme intègre, grand humaniste et pacifiste convaincu ne tarde pas à mettre la puissance coloniale sur la sellette. Son projet national pour le Cameroun, s’il réclame bien sûr l’indépendance, est un projet démocratique sans soupçon d’ethnisme ni de syndrome de Fachoda. Il veut unifier les populations du Cameroun sous une bannière commune sans distinction d’ethnie ou de « colonophonie », c'est-à-dire que francophones et anglophones peuvent trouver leur place dans ce projet.

Mais le succès rapide et grandissant des thèses de l’UPC inquiète la métropole. Les visites de Ruben Um Nyobè aux Nations Unies, les manifestations des supporters de l’UPC de 1955 ne plaisent pas, c’est le moins que l’on puisse dire, à l’administration coloniale. La répression va alors devenir féroce. La clandestinité devient nécessaire pour sauver sa peau. La guérilla devient le moyen de lutte face à des forces qui veulent la mort de l’UPC et de son leader. Le haut commissaire français du Cameroun qui deviendra ministre des armées deux ans plus tard puis premier ministre sous Georges Pompidou (le président, pas le musée d’art moderne) conduit une répression impitoyable. L’UPC est alors infiltrée. Ses militants sont arrêtés, torturés, déportés et assassinés. On expose leurs têtes coupées dans les rues. Les villages du sud et de l’ouest du pays particulièrement en pays Bassa et Bamiléké subissent les assauts d’une colonisation que l’on ne pressent pas comme positive : on détruit les villages, on utilise le napalm, on déplace des populations entières que l’on regroupe dans des camps pour couper tout soutien à la guérilla. La France des Lumières est en pleine guerre. Une guerre qui passera inaperçue, les « événements » d’Algérie, comme on dit pudiquement à l’époque, occupe le devant de la scène médiatique et le Cameroun est plus éloigné et moins connu des Français, alors on en profite.

Finalement, Ruben Um Nyobè est capturé, assassiné et enterré à la va-vite. Le Cameroun accède à l’indépendance en 1960 sous la tutelle de l’omniprésent Jacques Foccart. Un président ami est vite nommé, Ahmadou Ahidjo. La suite est une litanie de pouvoirs plus liberticides et corrompus les uns que les autres, jusqu’au trop long règne de Paul Biya qui deviendra président en 1982 et fêtera en novembre prochain ses 26 ans de pouvoir discontinu.

Quant à la France officielle, elle se fourvoiera en Algérie, avec le recours à la torture notamment, au Biafra, avec l’ethnisme érigé en projet de gouvernement ou encore au Rwanda où le soutien aux génocidaire fut le point culminant d’une politique « africaine » qui n’ose pas dire son nom : racisme institutionnel. Bref, une longue histoire.

Le mot de la fin au grand et essentiel Mongo Beti qui avait bien vu la tentation française de l’ethnisme : « L'ethnomanie, est ce recours extravagant, pour tout expliquer, à l'argument tribu (guerres tribales, oppositions tribales, émeutes tribales.), qui n'est pas seulement le fait de démagogues ou de dictateurs à court de pensée, mais trouve aussi des adeptes dans d'autres catégories, surtout chez les Français moyens très mal informés, comme si, en Afrique, toute réalité était d'abord tribale. »

Tribale à blanc ou tribale à noirs ?

Pour aller plus loin

- Ruben Um Nyobè vu par Cameroon Link
- Article de Libération sur le Cameroun de 1958

mercredi 6 août 2008

Kigali Vs Paris

operation-turquoise.jpg

Non, ce n’est pas du football, ni même une relation diplomatique conflictuelle. Car il n’y en a plus, du moins officiellement, de relations diplomatiques entre les deux pays... Retour sur un tragédie (et le mot est faible) à l’occasion de la présentation des résultats de la commission d’enquête rwandaise par Tharcisse Karugarama, ministre de la justice au pays des mille collines.

Retour à l’envoyeur

En novembre 2006, lorsque l’éminemment politique Juge Bruguière annonce les conclusions de ce qu’il qualifia à l’époque d’enquête et la mise en examen de neuf personnalités du Front Patriotique Rwandais, la France, ce beau pays du ministère de l’immigration et de l’identité nationale réunies, pensait qu’elle allait pouvoir solder son rôle plus qu’ambigu lors du génocide des Tutsi du Rwanda de 1994.

Quelques jours plus tard, ce petit pays (par sa superficie, le faisant ressembler à une crotte de mouche à droite du Congo sur la carte d’Afrique…) se permet l’outrecuidance de rompre ses relations diplomatiques avec la capitale putative de la francophonie. En effet, après avoir tenu en échec la France (diplomatique, politique et militaire, voire mercenaire) dans le Zaïre pourrissant de la fin du règne Mobutu pour y placer Kabila (Laurent Désiré, le père), le Rwanda se devait d’être châtié par le pays qui donna naissance aux « lumières » et à l’inoubliable film « Mon curé chez les nudistes ».

Si la Mission parlementaire d’information conclut en 1998 que la France « n'a en aucune manière incité, encouragé, aidé ou soutenu ceux qui ont orchestré le génocide et l'ont déclenché dans les jours qui ont suivi l'attentat », nombreux furent ceux qui surent lire entre les lignes, les jours qui ont suivi l’attentat, non (si ce n’est le passage express de l’inénarrable Paul Barril et son retour avec la fumeuse -oui oui- boîte noire de l’avion présidentiel, mais alors, avant et après ces jours sombres, quelle assiduité hexagonale ! Bref, l’écran de fumée à usage de l’opinion publique était en marche…

C’est donc naturellement que le gouvernement rwandais décida la création de sa commission d’enquête sur la participation française au génocide des Tutsi et au massacre des Hutu démocrates de 1994.

De l’Indochine au Rwanda via l’Algérie

Pour qu’une partie importante du peuple rwandais puisse se servir allègrement de machettes pour aller exterminer ses voisins, amis, relations familiales ou inconnus, il avait fallu laver les cerveaux des « bons » citoyens. Et cela pendant quelques décennies.

Un détour par les « possessions » françaises en Asie s’avère nécessaire. Loin d’avaler inutilement des kilomètres virtuels et de voyager un demi siècle en arrière, le retour au pays fatal qui sonna le début des déboires coloniaux de notre pays explique en partie l’implication française entre Zaïre, Uganda et Burundi. Depuis les premiers explorateurs et missionnaires, en passant par Napoléon, Jules Ferry, la mission du capitaine Marchand stoppée nette par les Britanniques à Fachoda, puis les troubles de Madagascar et de Sétif (entre autres, demandez aux Bamilékés du Cameroun…), la France a toujours refusé la remise en cause par les colonisés du rôle « positif » d’icelle à leur encontre. Illustre incomprise, la France et son armée se penchèrent donc sur, non pas les raisins de la colère, mais les raisons de la défaite au pays d’Hô Chi Min. D’où la genèse de la théorie de la « guerre révolutionnaire » dans les sphères pensantes de la stratégie militaire et de la guerre psychologique. Première application, la bataille d’Alger et ses préparatifs de quadrillage géographique d’abord, de harcèlement psychologique ensuite.

La bataille d’Alger fut un succès militaire inespéré dans le contexte de la guerre d’indépendance, pardon des opérations de pacification. On retrouvera quelques années plus tard le même découpage administratif de contrôle de la population et des esprits au Rwanda, jusque dans l’utilisation du mot et du concept de « secteurs ». Mais quel rapport entre la théorie made in France de la guerre dite révolutionnaire et la dictature des régimes Kayibanda puis Habyarimana ?

Et bien, le succès de cette théorie guerrière fut tel qu’elle fut enseignée dans de nombreuses écoles militaires à commencer par l’hexagone qui savait (et sait encore ?) alors très bien accueillir les officiers du « monde libre » pour leur apprendre à bouter les ennemis communistes ou anticolonialistes hors des frontières métropolitaines ou coloniales. Ainsi, des officiers de l’armée belge furent sensibilisés à ce concept pour commencer à le mettre en place dans un Rwanda nouvellement indépendant mais toujours sous contrôle belge.

Et, excusez-moi pour ce détour, c’est là que çà commence vraiment. La « coopération » se mettra véritablement en branle sous le septennat de Giscard avec notamment la signature entre les deux pays d’accord d’assistance militaire par le biais des deux gendarmeries nationales. Suivie vers la fin des années 80 / début des années 90 par une coopération entre les armées qui fit d’ailleurs faire faire à la France en catastrophe un avenant à ces fameux accords trop souvent qualifiés à tort de secrets…

Depuis 1990, l’armée française qui donna l’impression à l’époque d’avoir su relativement bien s’émanciper du pouvoir politique, prit du champ pour aller jusqu’à entraîner également les milices interahamwe, bras « séculier » du pouvoir génocidaire, dans les casernes rwandaises.

Haute fidélité

Tout ce travail auprès de ceux qui allaient commettre le génocide, comme le funeste général Bagosora, allait devoir une solidarité sans faille à notre pays pour masquer sa participation sinon active, du moins « intellectuelle » au génocide. L’Opération Turquoise (et les massacres de Bisesero, notamment, lire « L’inavouable » de Patrick de Saint-Exupéry, édition les Arènes) allait permettre à la France de contrer les effets de l’avancée du Front Patriotique Rwandais (FPR), à savoir l’exfiltration des forces politiques, militaires et miliciennes qui commettaient le génocide.

La caricature offerte au monde par nos forces armées en train de justifier la reprise des émissions de la sinistre RTLM (dite radio mille collines) dans la « zone humanitaire sûre » contrôlée par l’armée française est la parfaite illustration de cette fidélité à toute épreuve. Les politiques allaient suivre en créant la mission parlementaire dirigée par Paul Quilès (le Robespaul) dont la mission était de blanchir si j’ose dire (et je l’ose) la France, son armée et son gouvernement.

Depuis, cette fidélité à ses anciens et peu recommandables amis ne s’est jamais démentie. Sur les plans diplomatique ou militaire, Paris n’allait avoir de cesse de protéger ses amis et de se protéger en attaquant le Rwanda tous azimuts…

Un oublié dans l’histoire ?

Realpolitik de la part de Kigali, oubli de nos médias, information partielle ou partiale ? Toujours est-il que si nos journaux ou agences de presse ont mis en avant la mise en cause par la commission d’enquête rwandaise de personnalités comme Mitterrand, Balladur, Juppé, Villepin ou encore Védrine, le président français actuel s’en sort indemne.

On rappellera donc au passage que Nicolas Sarkozy était alors Ministre du Budget et donc responsable de la signature accordant les versements de fonds à nos militaires et à leurs amis (ah ! le fameux prêt du Crédit Lyonnais –encore lui !, comme on dit chez Bernard Tapie- qui permit au gouvernement intérimaire génocidaire de débloquer une livraison d’armes coincées en Egypte pendant le génocide), l’argent étant considéré comme le nerf de la guerre, CQFD.

Donc, Nicolas Sarkozy ne semble pas figurer dans les tablettes négatives de la commission. Oubli des uns ou des autres, attendons que ce rapport nous parvienne. Il ne serait pas étonnant qu’il n’y figure pas, étant perçu (à tort ou à raison) par Kigali comme quelqu’un ayant la volonté de rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays, en duo avec Kouchner.

Pourtant le chemin est long (et la pente est raide dirait Raffarin) et la route est sinueuse. Il ne suffit pas d’arrêter et d’envoyer au Tribunal Pénal d’Arusha quelques génocidaires réfugiés en France…

La vérité passe à travers le feu mais ne se brûle pas

Alors, cette commission d’enquête, elle va servir à quoi ? Et bien, on verra, ne me mouillé-je pas, car les erreurs de la France doivent être reconnues par la France et en France. Il a fallu plus de cinquante ans pour véritablement connaître le rôle de certains Français lors de la Shoah. On ne connaît toujours pas officiellement les dérives de notre pays pendant la guerre d’Algérie ni non plus la face cachée d’un colonisation plus brutale que ce que les députés UMP voulait bien nous en dire (ou nous en… rire) lors de l’amendement heureusement supprimé sur le rôle positif de la colonisation. Bref, il vaut mieux ne pas être pressé.

Paris (et Kigali) auront beau tout dire ou tout faire pour présenter leur version, c’est à la lumière de l’Histoire (avec un H aussi grand que des poteaux de rugby) que l’on connaîtra un jour les tenants et les aboutissants du rôle de la France, de son gouvernement et de son armée en 1994 quelque part autour de Kigali et dans le Kivu qui sut accueillir les militaires et miliciens rwandais en fuite devant l’avancée du FPR.

Quoi qu’il en soit, l’Histoire se fabrique tous les jours. Le rôle de notre pays est de plus en plus mis à jour, notamment par des citoyens et associations qui recherchent la vérité, cette vérité qui dérange et finit par faire mal. Un proverbe rwandais dit que la vérité passe à travers le feu mais ne se brûle pas…

La vérité, ce que nous devons aux victimes et aux rescapés...


Pour aller plus loin

- Le texte intégral du rapport de la commission rwandaise (en pdf)

- Le communiqué de Survie

- Le site de la Commission d'Enquête Citoyenne

- "La guerre noire" de Gabriel Périès de David Servenay

- Le rapport de la mission d'information du parlement français

- Les autres articles à propos du Rwanda sur ce blog

vendredi 27 juin 2008

Chasseurs de génocidaires

alaindaphroza.jpgMes amis Alain et Daphroza Gautier, infatigables chasseurs de génocidaires rwandais réfugiés en France sont sur Rue 89 et font part de leur point de vue sur la recherche des présumés coupables d'actes de génocide contre les Tutsi du Rwanda. Ils ont créé il y a quelques années le CPCR, Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda.

Après quelques "succès", à savoir l'arrestation de plusieurs suspects de génocide, ils répondent à ces questions :

Comment la France répond au nécessaire besoin de justice? Qu'attendent les rescapés et les familles de victimes ? D'où vient leur motivation pour effectuer ce travail de longue haleine ?

Voici le début de l'article de Rue 89 :

La France va-t-elle un jour juger des génocidaires rwandais? Dix dossiers sont en souffrance dans le cabinet de deux juges d’instruction. Certains depuis plus de dix ans, avec des enquêtes solidement embourbées. En cause: le manque de moyens et d’enquêteurs. Une situation dénoncée par un couple qui traque les bourreaux encore en liberté.

Ils se déplacent souvent avec une valise à roulettes bourrée de documents. Entre deux trains, sortant d’un rendez-vous avec les représentants d’Interpol à Paris, Daphroza et Alain Gauthier, du Collectif des parties civiles pour le Rwanda, se sont arrêtés à Rue89 pour faire le point sur les dossiers rwandais. Avec un premier constat: sur ce sujet, Nicolas Sarkozy a fait bouger les lignes. Mais cela ne suffit pas. Pour arriver au procès, les moyens manquent terriblement, selon Alain Gauthier, notamment pour les deux magistrats (Fabienne Pous et Michèle Ganascia) chargés de ces affaires:

"Les juges ont manifestement la volonté d’aller au bout de leur action, mais semblent découragés par le manque de moyens. Quand je les ai rencontrés, j’ai eu le sentiment qu’ils étaient impuissants…"

Le couple en a la certitude: "Ces procès-là n’auront pas lieu si le ministère de la Justice ne met pas les moyens."

La suite et les 3 vidéos sont disponibles sur le site de Rue 89.

jeudi 1 mai 2008

Quelles sont les origines du 1er mai ?

A l'occasion de la Fête du Travail (et non pas des travailleurs), je vous propose un texte de Rosa Luxemburg à propos des origines du 1er mai. Bonne lecture.

rosaluxemburg.jpgL’heureuse idée d’utiliser la célébration d’une journée de repos prolétarienne comme un moyen d’obtenir la journée de travail de 8 heures, est née tout d’abord en Australie. Les travailleurs y décidèrent en 1856 d’organiser une journée d’arrêt total du travail, avec des réunions et des distractions, afin de manifester pour la journée de 8 heures. La date de cette manifestation devait être le 21 avril. Au début, les travailleurs australiens avaient prévu cela uniquement pour l’année 1856. Mais cette première manifestation eut une telle répercussion sur les masses prolétariennes d’Australie, les stimulant et les amenant à de nouvelles campagnes, qu’il fut décidé de renouveler cette manifestation tous les ans.

De fait, qu’est-ce qui pourrait donner aux travailleurs plus de courage et plus de confiance dans leurs propres forces qu’un blocage du travail massif qu’ils ont décidé eux-mêmes ? Qu’est-ce qui pourrait donner plus de courage aux esclaves éternels des usines et des ateliers que le rassemblement de leurs propres troupes ? Donc, l’idée d’une fête prolétarienne fût rapidement acceptée et, d’Australie, commença à se répandre à d’autres pays jusqu’à conquérir l’ensemble du prolétariat du monde.

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mercredi 23 avril 2008

« Le secours étranger arrive quand la pluie est passée », proverbe rwandais

wantedgenocide.jpgDepuis 1995, les mois d’avril sont difficiles à traverser. Chaque année qui passe voit s’éloigner dans le temps la terrible catastrophe humaine que fut le génocide des Tutsi du Rwanda de 1994. Cette année qui marque le quatorzième –triste- anniversaire d’Itsembatsemba semble s’ajouter aux autres dans une sorte de litanie des dates et du temps qui passe.

S’éloigner dans le temps, mais pas de la mémoire, car si les années qui s’accumulent voient notre perception évoluer ou changer, notre bon pays de France semble être bloqué dans le temps à cette époque honnie, la fin du vingtième siècle, qui semblait résumer ainsi quelques siècles de présence sur le continent africain.

La France qui a joué un rôle plus qu’important sur la destinée du Rwanda et des Rwandais campe sur sa position qui est de nier toute participation ou rôle dans la solution finale qui s’exerça sur la population du Pays des Mille Collines. Mieux ou pire, c’est selon, la France est aujourd’hui le seul pays avec lequel le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques. Tout cela à cause d’un juge « politique » qui dirigea son enquête pour obtenir des faisceaux de présomptions parfois arrachées à des témoins qui estimèrent leurs témoignages au mieux incompris, au pire détournés.

Mais cela n’est que la partie émergée de l’iceberg d’indifférence qui, dans les hautes sphères de l’appareil d’état, a amené à considérer le génocide comme une sorte d’omelette faite à partir des œufs cassés de la souveraineté nationale du Rwanda, de la théorie militaire de la guerre dite révolutionnaire, de la défense d’une fantasmée francophonie politique, des droits humains ou encore tout simplement du respect de la vie.

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dimanche 20 avril 2008

Devoirs de mémoire… en série dans le Primonde du mercredi 23 avril

minilogoprimonde.jpgCollusion de l’Histoire et de l’actualité, l'édition du mercredi 23 avril de l’émission Primonde (et sa petite « sœur » Primag) sera consacrée aux nécessaires devoirs de mémoire envers les victimes (et rescapés) du génocide des Tutsi du Rwanda de 1994 et la disparition du grand, de l’immense Aimé Césaire.

Rwanda : 14 ans après

Dans Primag (18h30-19h00), nous aborderons les problématiques liées à Itsembatsamba, le génocide des Tutsi du Rwanda qui a eu lieu il y a 14 ans et en particulier les difficiles relations entre la France et le Rwanda, le devoir de justice, la réconciliation nationale…

Aimez Césaire !

Primonde (19h15-20h00) : A côté (ou au-delà) des louanges officielles souvent hypocrites, inexactes ou carrément à côté de la plaque, nous essaierons de décrypter l’importance de l’œuvre multiforme (poésie, théâtre, essais, politique…) d’Aimé Césaire et de la replacer dans son véritable contexte, littéraire, politique et poétique.

Nous proposerons à cette occasion un entretien exclusif avec Odile Biyidi-Awala, présidente de Survie, essayiste, écrivain engagée contre le racisme et le colonialisme sous toutes ses formes.


Pour écouter Primonde

  • Sur les ondes : Radio HDR (99.1) sur l’agglo rouennaise (de 18h30 à 20h00)

vendredi 18 avril 2008

Pierre Desproges n'est pas mort...

desproges.jpg"Les étrangers basanés font rien qu’à nous empêcher de dormir en vidant bruyamment nos poubelles dès l’aube alors que, tous les médecins vous le diront, le Blanc a besoin de sommeil…"

Ou encore :

"Il y a plus d’humanité dans l’œil d’un chien quand il remue la queue que dans la queue de Le Pen quand il remue son œil."

Et le précurseur guantanamesque :

"Bien plus que le costume trois pièces ou la pince à vélo, c’est la torture qui permet de distinguer à coup sûr l’homme de la bête. "

Vingt ans après la disparition de Pierre Desproges, son humour nous manque cruellement. Loin des humoristes soi-disant comiques et certainement vulgaires estampillés Sarkozy et loin du brossage dans le sens du poil, Desproges proposait du véritable poil à gratter, à récurer même, nos travers individuels et collectifs.

Pierre Desproges me manque encore. D'ailleurs, quand j'ai appris sa mort, je n'ai pas repris deux fois des nouilles...

En prime, une nécessaire Minute Nécessaire de Monsieur Cyclopède, ma préférée : "Sachons distinguer une balle à blanc d'une balle à noir". Toujours d'actualité ?


Monsieur Cyclopède - Sachons distinguer...

Et la véritable raison de la mort de notre cher Desproges : il avait épuisé ses batteries, le scoop.


Pour aller plus loin

Le site officiel sur Pierre Desproges et l'ensemble de son oeuvre

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