Le Président de la République serait-il un
humoriste qui s’ignore ? Nul ne sait si la fréquentation de Bigard
pourrait lui servir de révélateur, toujours est-il qu’il aurait pu faire se
plier en quatre les Africains si ceux-ci avaient pu digérer le fameux et fumeux
discours dit « de Dakar » écrit par Henri Guaino.
C'est ce à quoi l'actualité africaine du président de la rupture peut nous
faire penser. On a vu et on voit comment il a pu réserver un sort privilégié
aux Africains dans son travail de ministre de l'intérieur et quelles sont ses
références en matière de diplomatie avec le continent. Ses amitiés avec des
dirigeants comme Bongo ou Sassou Nguesso peuvent soulever certaines questions à
propos de son annonce de retrait des troupes françaises stationnées en
Afrique.
Les déclarations du Cap de Nicolas Sarkozy sont-elles dignes d’intérêt et à
prendre au sérieux ?
Encore une rupture ?
Donc, une brève visite en Afrique du Sud agrémentée d’une escale
politico-militaire incluant une rencontre avec « nos » troupes et une
deuxième avec le PDG (Président Dictateur Général) du Tchad aura permis à l’ami
intime de Vincent Bolloré (l’ami également des dockers de Dakar et des fumeurs
camerounais, entre autres…) de nous gratifier de la plaisanterie
suivante :
« La présence militaire française repose sur des accords conclus au
lendemain de la décolonisation (…) Ce qui a été fait en 1960 n’a plus
le même sens aujourd’hui. (…) Il n’est plus concevable que nous soyons
entraînés dans des conflits internes»
Il est vrai que cette annonce a été faite dans un pays où l’armée française
n’a jamais mis les rangers ni l’ombre d’une chenillette, en Afrique du Sud. Il
est également vrai que Thabo Mbeki, son homologue avait été le seul chef d’état
africain à avoir salué… le discours de Dakar. Avant de finalement se rétracter
(plus discrètement, du moins dans nos medias, alors en lune de miel avec l’hôte
de l’Elysée).