Ministère pour un Monde Meilleur

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mardi 23 mars 2010

USQ : Ne pas en finir avec 68 !

US_Quevilly.pngAlors que Sarko l’écolo abandonne sa taxe carbone ou Martin Hirsch au sortir des élections régionales et que Dany Cohn-Bendit lance son nouvel appel du 22 mars, des amateurs secouent le football professionnel !

L’esprit de 68

Foin de mauvais jeu de mots du style « Cohn-Bendit, le retour de l’esprit de 68 », ce dernier revient, nonobstant la volonté présidentielle d’en finir avec ledit esprit. A Quevilly, du moins. Après avoir éliminé les pros de L2 d’Angers (danger, Quevilly !), puis de L1 de Rennes, c’est au tour des Boulonnais de se faire virer de la Coupe de France par l’officiel Petit Poucet de la FFF.

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dimanche 31 janvier 2010

CAN 2010 : les Pharaons sacrés rois

pharaons20pt.jpgL’Egypte a été sacrée reine du continent, pour la 3ème fois consécutive. Un exploit historique, certes, mais un rapport à l’arbitrage souvent générateur de doutes chez le spectateur…

Pressions amicales

Donc les Pharaons ont créé un double exploit, celui de gagner une 6ème CAN (une 3ème consécutive) et de battre une équipe du Ghana volontaire, faisant le jeu mais peu réaliste sur ses occases de but. Si au vu de l’ensemble de la CAN les Pharaons méritent la victoire, c’est moins certain sur ce dernier match. Mais ce n’est pas une compétition sur un match.

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jeudi 28 janvier 2010

CAN 2010 : finale Nasser – Nkrumah

nasser_nkrumah.jpgLa CAN touche à sa fin. Le nom des finalistes est connu. Celui des losers aussi. Pour cette édition, les deux derniers prétendants au titre sont le pays de Nasser et celui de Nkrumah…

Fennecs et Super Eagles out

Fela Anikulapo Kuti chantait « viva Nigeria ». Les supporters des Fennecs « viva l’Algérie ». Cela n’a pas suffit pour insuffler aux deux équipes dont le nom anglais se termine par « geria » le souffle nécessaire à la victoire. Loin de la gériatrie, Fennecs et Eagles (déjà un peu moins super) sont des équipes en construction, jeunes et en devenir (ce qui n’est pas un pléonasme, vu qu’il existe des jeunes déjà vieux, ceci n’étant pas un oxymore)

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dimanche 24 janvier 2010

CAN 2010 : le G8 en route vers la finale

ballon_can_2010.jpgLes phases de poules sont terminées. Quelques jours de sevrage pour les inconditionnels du foot africain, et c’est reparti jusqu’à la finale, dimanche prochain…

Géopolitique de comptoir

Les phases de poules ont donc livré leur verdict. Premièrement, la compétition est plus serrée qu’on ne l’imaginait. Il a fallu attendre les derniers matches pur connaître les dernières équipes. Seules l’Egypte et la Côte d’Ivoire étaient sûres de leur qualification. Comme quoi la « glorieuse incertitude du sport » peut être réelle, notamment dans les groupes A (Angola, Algérie, Mali et Malawi) et D (Zambie, Cameroun, Gabon, Tunisie).

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lundi 18 janvier 2010

CAN 2010 : Allemagne 1 – Autriche 0

1982_all_autr.jpgNon, il n’y a pas d’erreur géographique, mais bel et bien un sentiment de déjà vu après ce match entre l’Angola et l’Algérie, match nul, vraiment nul…

Mais qui qualifie les deux équipes au détriment du Mali. Au vu du match (du moins de la seconde mi-temps, je n’ai pas vu le début, et au vu de la seconde, pas envie de me retaper la 1ère lors d’une rediffusion), on peut se demander (légitimement bien sûr) si ce match de troisième journée de la poule A (avec un A comme… Angola et Algérie) ne ressemble pas à un autre match, de 1982, avec deux autres équipes dont le nom en français commence également par un A, Allemagne-Autriche.

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mercredi 13 janvier 2010

CAN 2010 : l’aigle ne chasse jamais la mouche

mouche.jpgNon, ce n’est pas un proverbe africain, mais un morceau du groupe psyche-punk américain des sixties, Music Machine. Retour sur les noms des sélections africaines…

Les écureuils sauvent leurs noisettes et les Pharaons rois du terrain

Dans un stade presque plein, l’équipe du Mozambique, ou plutôt les Mambas, ont failli bouffer les noisettes des Ecureuils béninois. Solidarité lusophone ou distribution gratuite de billets,ou les deux ? Toujours est-il que de voir un stade presque plein sans la participation du pays organisateur a tranché (sans rapport avec le drapeau angolais) avec les autres matches.

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mardi 12 janvier 2010

CAN 2010 : Malawi, one, two, three !

Malawi_svg.pngDavid et Goliath

L’Algérie victime du syndrome « la mariée était trop belle » ? Comme lors de la première mi-temps du match d’ouverture pour le Mali et la deuxième pour l’Angola, le premier match des fennecs est un véritable coup derrière les oreilles pour l’équipe algérienne.

Les Malawites, visiblement bien inspirés, au contraire des Algériens qui n’ont pas cessé de s’engueuler les uns les autres au fur et à mesure de l’évolution du score, ont donc explosé sur le score de 3-0 une équipe pourtant classée dans les favoris potentiels.

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lundi 11 janvier 2010

CAN 2010 : un match pas vraiment nul

supporters_mali1.jpgAlors qu’il n’y a pas plus de morts finalement sur les routes de la CAN que dans une édition ordinaire d’un rallye automobile faisant du sud de la planète son terrain de jeu pour pilotes sponsorisés, la CAN 2010 a bel et bien commencé…

Deuxième billet d'une série régulièrement épisodique et épisodiquement régulière sur la CAN 2010...

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dimanche 10 janvier 2010

2010 : yes, we CAN ?

logocan2010.jpgL’édition 2010 de la Coupe d’Afrique des Nations commence dans quelques heures. Pourtant elle a déjà fait parler d’elle, à son corps défendant…

Alors que cette année 2010 s’annonçait comme l’année du foot en Afrique (CAN en Angola et Coupe du Monde en Afrique du Sud), les derniers jours ont montré que rien n’était acquis. Certes, l’équipe togolaise (les fameux « Tongolais » de Ribeiry…) n’est pour rien dans le mitraillage de leur bus et le décompte final des victimes. Pourtant, au-delà de l’insécurité, quelques questions peuvent se poser quant à ce qui se passe et en particulier par rapport aux cacophonies collatérales.

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lundi 30 juin 2008

L’homme à la tête des Bleus

Un billet réalisé pour le blog "Un autre football est possible"...

hidalgo.jpgAprès Jacquet, Lemerre, Santini et Domenech, alors que le plus fameux numéro 10 du foot français pantoufle à l’Euro, que l’ancien canari fait le tour de la Confédération Africaine de Football et dans la perspective d’un Dédé Deschamps amenant dans ses sacs de sport sa cohorte de médecins, préparateurs et parieurs italiens, quelle solution reste-t-il à l’équipe de France comme nouveau sélectionneur, y compris Domenech candidat à sa propre succession ?

Tout dépend du visage que nous voulons voir du foot français. Car on choisit l’homme (ou la femme, mais je ne vois pas de candidate pour cette fois, Mme Bachelot ?) en fonction du projet. Ainsi, à un Domenech transparent a correspondu un équipe de France transparente. Tout comme l’idée de revanche transmise les yeux dans les yeux aux joueurs de France 98. Bon, il est vrai que pour Santini, l’épithète (de mérou) est difficile à cerner. Globuleux ? Laborieux ? Toujours est-il que ses bleus s’exprimaient sur le terrain comme le coach (en français le cotche) devant un micro.

Henri Michel portait et ses joueurs également une sorte de fardeau nommée grosse tête (en anglais big melon) et Platini, bof, décevante. Reste donc à bien cerner l’individu qui cotchera les Bleus pour savoir comment seront ceux-ci. Ce blog au doux titre évocateur se doit de prendre parti dans cette lutte d’opinions qui est en quelque sorte la démocratie participative du football association (en brésilien, Futbol). Nous nous reconnaissons dans les récents propos du substitute filmmaker natif de Harfleur dans le 7-6. La victoire n’est pas une fin en soi sauf pour Adidas qui peut ainsi refourguer les soirs de gala quelques millions de tee-shirts supplémentaires. La victoire n’est pas forcément en nous, mais la recherche du plaisir peut et doit être revendiquée.

Un autre football est possible penchera donc pour le retour de l’humanisme aux commandes du Onze français. Peu de candidats répondent à cet objectif. Certains sont même exclus d’office. Adieu messieurs Courbis, Fernandez…

La filière campagnarde

Le récent néo retraité bourguignon d’Appoigny dans l’Yonne, pourrait être un sérieux candidat pour insufler un esprit de modestie et d’humilité à des joueurs trop riches trop jeunes, adeptes du tuning et de la jet set. Un Guy Roux aux commandes pourrait donner cette orientation à une équipe dont le melon est aussi enflé que les chevilles. Au lieu de Stages à Tignes, quelques jours à Appoigny, au club house justement, sur des matelas à même le sol, ça vous forge le mental lorsqu’il s’agit d’aller rencontrer l’équipe nationale d’Azerbaïdjan. Et question terrain les champs de patates n’auront plus de secrets pour des joueurs habitués aux billards et autres tables de poker.

Mais le bon Guy a fait son temps. L’expérience lensoise a tourné court, comme une montée de Pedretti, et l’homme de Citroën et des poulets siglés Bourgoin ne postule plus qu’à prendre ses gouttes tranquillement sans avoir la pression lui faisant faire des erreurs de dosage.

Coach Vahid

La FFF a déjà fait appel à un sélectionneur étranger. Stefan Kovacs a dirigé les tricolores durant deux ans. Les graines qu’il a semées ont été récoltées par son successeur qui avait su à son tour faire fructifier l’héritage comme un bon paysan cauchois du siècle dernier. La venue de Vahid Halilodzic pourrait apporter un peu d’humanité dans un monde de brutes. Certes, brutalement, mais négatif x négatif = positif. Au moins coach Vahid dit ce qu’il pense alors que Domenech ne pense même pas à ce qu’il dit. Au lieu de la petite larme un peu surfaite comme me disait ma concierge à l’occasion de l’éjection, pardon du départ, des 7 trentièmes d’avant l’Euro.

Avec Vahid on l’aurait eu sûrement moins hypocrite et la présumée existante séance d’adieu aurait pu être plus vivante… Mais Coach Vahid a trouvé un job au pays de Gbagbo et de Tiken Jah Fakoly, dont le boulot est justement de faire le lien entre le nord et le sud du pays d’Alpha « béta » Blondy.

Le sorcier sedano-yaoundais

Ce n’est pas parce qu’il a des dreadlocks qu’il joue du bon et vrai reggae, mais côté sportif, il a déjà fait remporter la coupe du monde à la France. En tennis, certes, mais côté masculin et féminin. Mais son père était footballeur pro à Sedan et le grand Yannick joue au Variéty Club. Véritable humaniste et humanitaire, le cœur à gauche, et gauche tendance pétard, Noah pourrait apporter une touche « cool » au poste de sélectionneur.

Lorsqu’on voit le gâchis causé par un apparatchik de la DTN, on se dit qu’un non véritable homme du sérail pourrait ne pas faire pire. Les déplacements à travers l’Europe se feraient dans son bus de tournée et remettrait les pieds sur terre à nos millionnaires en shorts.

On prend le même et…

Raymond ne cache pas qu’il voudrait se succéder lui-même ou en d’autres termes être confirmé dans ses fonctions. Le premier Raymond, avant le retour de Zorro en sauveur puis pourfendeur de Matterrazzi, celui qui voulait bâtir une équipe avec des jeunes et qui répondait à peu près encore aux questions des journalistes en parlant théâtre et astrologie semblait plus humain que le Raymond Denis après ses cours de communication offerts par SFR.

Comme le propose Vikaash Dhorasoo, une bonne thérapie, un bon mea culpa et c’est reparti pour un tour. Les grincheux qui comme nous veulent éviter le système Deschamps sont prêt à accepter d’envoyer Blu-Ray au purgatoire. Ah les belles soirées de match aux îles Féroé, à Belgrade, à Vilnius ou encore à Bucarest ! Le chemin vers l’Afrique du Sud est encore long et passe par ces belles villes au football parfois rugueux.

Retour vers le futur

Ce qu’il faudrait à l’équipe de France, c’est quelqu’un d’expérimenté sur le plan sportif mais humaniste véritable et ayant fait ses preuves. Michel Hidalgo pourrait revenir sauver non pas le soldat Brian, mais les Bleus. Lui seul pourrait leur insuffler un supplément d’âme en résistant aux pressions en en leur ouvrant les yeux sur la vie pour à leur tour en insuffler un peu dans leur jeu.

Les campagnes hidalguesques de 1982 et 1984 ont fait rêver mais aussi toucher de la mâchoire la brutalité du monde aussi dur qu’un quelconque Schuhmacher dans la face de Battiston. La France a commencé à s’ouvrir au monde du foot où elle était le David qui faisait trembler les golliaths. Henri Michel en récoltera les fruits en se payant l’Italie puis le Brésil, dans le plus beau match de coupe du monde, en tous cas joué à Guadalajara.

Mais pour en revenir à Michel, Hidalgo, pas Henri, pourquoi ne pas proposer cette candidature au comité central de la FFF, au politburo de la DTN ?

samedi 28 juin 2008

Merci Vikash Dhorassoo

dhorassoo.jpgCertes, il existe des problèmes bien plus importants que le football... Certes, les footballeurs professionnels, s'ils sont souvent de grands sportifs, ne sont pas forcément des grands citoyens... Pourtant quelques esprits libres surnagent au milieu d'une vacuité de leurs propos dans la presse, qu'elle soit généraliste ou sportive. On connaît Lilian Thuram et son implication contre le racisme et les discriminations, mais la parole sensible et sensée de Vikash Dhorassoo (natif d'Harfleur et non de Neuilly) est digne d'être entendue ou lue.

Vikash a publié ce vendredi 27 juin une tribune dans la pertie Rebonds de Libération. Quand le "substitute" dit ce qu'il pense, il égratigne au passage le culte voué à la victoire dans le sport. Rafraichissant.

Vive la France qui perd !

Mardi 17 juin, on a retrouvé la France qui perd. C’est le plus important. Finie la France qui doit toujours gagner, la page est peut-être définitivement tournée. Finie l’exclusivité de la parole et du savoir dans le football à ceux qui gagnent.

Les derniers rescapés de 98 – Gloria Gainor avec eux – et tout ce qu’on a bien voulu nous faire avaler, hop, enfin à la cave. Fini le 1, 2 et 3 zéro, et la France black-blanc-beur post-coupe du monde… Finie la France qui gagne pour nous détourner de la réalité. Et même, cette France désorganisée, avec une défense plus que limite qui perd à 10 et face aux champions du monde, on lui a trouvé un peu de panache au Royal Custine, bar de Barbès. Oui, Domenech a encore raté son coaching. Oui, Domenech joue avec deux récupérateurs, soit un de trop par rapport aux autres équipes du tournoi. Oui, Domenech… N’empêche : il peut être fier de ce qu’a fait cette équipe rajeunie – un seul champion du monde 98 sur le terrain – pour son dernier match. S’est bagarrée. A pris des risques.

Le lendemain, la France s’est réveillée sans gueule de bois semble-t-il, comme si cette fin était attendue – espérée? – comme si finalement, ce n’était pas plus mal que ça se termine comme ça. Dans ces moments-là, les gens sont solidaires : ils cherchent un responsable, un bouc émissaire, parce qu’il faut un bouc émissaire. En l’occurrence, ils n’ont pas eu besoin d’aller le chercher : il s’est rendu tout seul. «Je demande Estelle en mariage» qu’il a dit Raymond le soir de l’élimination.

On pourrait évidemment y voir une pirouette : Raymondo aurait fait le malin. Une ruse pour ne pas avoir à reconnaître ses erreurs, une manière de déplacer le propos. Il a tenté le coup de l’émotion. Bien essayé puisqu’on est dans une société ou l’émotion, ça marche. La télé nous propose de l’émotion, Sarkozy nous fait de l’émotion. Alors quoi de plus normal que de surfer sur cette vague dans un dernier espoir pour sauver la face le soir d’une cinglante défaite, surtout lorsque l’on est la personne la plus importante, excusez-moi le couple le plus important après le couple présidentiel.

Estelle n’est pas Carla. Elle n’a pas apprécié ? Hum ! Peut-être ! Les Français non plus… On y a presque cru quand il est venu annoncer sa sélection la larme à l’œil, enfin non, pas trop en fait. On n'y a pas cru. En décidant de prendre trente joueur et d’en éliminer 7, il sait que ce sera terrible pour eux. C’est vraiment nous prendre pour des imbéciles que de jouer le mec traumatisé (même s’il avait été sincère, c’était surtout traumatisant pour les 7 exclus qui risquent d’être marqués par cet événement, comme l’avaient été les 8 de 1998).

Il a juste pris les meilleurs, sauf Mexès, sans faire aucun sentiment. Gomis, Mandanda sortis de nulle part, comme Ribéry et Chimbonda deux ans plus tôt, façon de se mettre l’opinion dans la poche.

Selon lui, les autres joueurs seraient venus saluer leurs copains sur le départ. Landreau son fidèle lieutenant le désavouera publiquement. Manipulation ratée. Démasqué, Raymond.

Il voulait être le sélectionneur et il l’est devenu. Mais être sélectionneur a un prix : Domenech a accepté de le payer. Par ambition, goût du pouvoir ou de l’argent ? Il a adoubé le retour des anciens. Certainement contre son gré. Il est devenu lisse (finis les poils sous les yeux), fade (où le décalage ? où le théâtre ?), une sorte de produit TF1 payé par le service public – et SFR pour arrondir les fins de «moi».

Et puis, mardi soir, il a perdu après avoir commis trop d’erreurs techniques, tactiques, et de communication. Dès le lendemain, on a rameuté les loups. Le lobby 98 à l’action. Lizarazu, Petit, même Boghossian, mais surtout Dugarry, et tout 98, en chœur : «Domenech, dehors !» Deschamps, celui qui vote chasse, pêche et tradition, est là, déjà prêt pour le remplacer avec ses préparateurs physiques italiens en embuscade – seulement en tant que sélectionneur (il l’a annoncé dans «Le Monde» de la veille de France-Italie espérant certainement une défaite de la France. Très élégant !), et pas comme futur mari d’Estelle (espérons que ce ne soit pas un package). Les champions du monde n’en ont pas fini avec Domenech.

Faut-il hurler avec les loups ou prendre le maquis ? Evidemment, la deuxième solution : organiser la résistance, maintenant, pour que Domenech vive son histoire, celle de toute une génération, celle naissante et celle intermédiaire sacrifiée. Le mec ouvert – et de gauche – que l’on appréciait a disparu le jour où d’autres, un soir de France-Côte d’Ivoire, ont décidé de réapparaître. Ce 5 août, c’était écrit : la génération 98 aurait sa peau. Tôt ou tard, elle reprendrait le pouvoir. Après avoir flingué Lemerre et Santini (pas vraiment des flèches, ces deux-là), c’était au tour de Domenech.

Il est peut-être temps de sauver le soldat Raymond s’il est prêt à se battre (s’il va aussi voir un bon psy et fait son mea culpa). Et, du même coup, le foot français, enfin libéré du poids des anciens légitimés par un concept illégitime, la victoire, et aussi parce que la France qui perd a son mot à dire…

Vikash Dhorasoo
Rebonds / Libération du 27/06/08

jeudi 19 juin 2008

Domenech : un ultra libéral communicationnel ?

panini-domenech.jpgBon, certains diront que je suis en train de hurler avec les loups à la suite de l’élimination de l’équipe de France de foot dans l’Euro 2008. Certes, on peut l’affirmer. Pourtant, au-delà des choix humains ou tactiques de Blu-Ray, c’est une gestion assez particulière qui nous a été « offerte » par Raymond la Science ces dernières années…

Flux tendus

Domenech, l’ancien boucher à la moustache zapatiste des surfaces de réparation (sic) de la première division dans les (pas-si-glorieuses-que-çà) seventies, est donc nommé « coach » (ou sélectionneur si on est un peu nostalgique) du onze français. L’astrologue amateur a géré un héritage lourd à porter, les victoires françaises en 1998 et 2000 malgré les passages plus ou moins express de Roger Lemerre (l’homme à l’inamovible survet’) et d’André Santini après Aimé Jacquet.

La constance de Domenech peut être considérée comme une qualité ou un défaut. Néanmoins, culture du secret dans un environnement ultra luxueux, composition de l’équipe oscillant entre tradition et chamboulement, déclarations à l’emporte-pièce, élimination de joueurs reconnus de l’effectif, et annonces de dernière minute… On peut avoir le sentiment que Ray ne savait pas toujours ce qu’il allait faire dans le fameux « prochain match ». Mais les joueurs, régulièrement mis en compétition (sauf pour les titulaires… de passe-droits) n’ont pu sur la longueur bâtir une véritable équipe en quatre ans et deux compétitions majeures.

Le postulat sur lequel a été bâti la liste des 23 de la dérouste (non, il n’y a pas de faute de frappe, c’est un néologisme, mélange de rouste et de déroute) hélvéto-autrichienne, à savoir tous les postes doublés (sauf gardien, avec trois joueurs) et des joueurs mis en concurrence, n’ont certainement pas du ou pu donner un véritable sens à l’appartenance à un collectif. Malgré les déclarations d’intentions aux forts relents publicitaires et exploités par l’équipementier aux trois bandes, « vivre ensemble et mourir ensemble », on a bien senti les tensions entres sélectionnés et non sélectionnés ou encore, et c’est plus grave, entre sélectionnés et sélectionnés.

Bref, un effectif tendu à flux non moins tendu…

Un SMS sinon rien !

Lors de la coupe du monde 2006, Coach Ray délivrait ses états d’âme par l’intermédiaire de l’opérateur de téléphonie SFR et de ses services divers. Mélange des genres pour un employé de la FFF ? On ne savait plus très bien alors qui était son employeur. Il est vrai que le Président de la République a voulu élever le credo « travailler plus pour gagner plus » au rang de devise nationale et sans jeu de mots.

Toujours est-il que sa demande en mariage à une présentatrice de la chaîne sur lequel était diffusé le dernier et ultime match des Bleus de cet Euro 2008 a pu sembler 1) incongrue 2) obscène 3) ………….. (Mettez-y ce que vous voulez).

Quelqu’un aurait pu conseiller le futur ex-sélectionneur au sujet de cette communication de type privé. Un SMS à sa compagne aurait été vraisemblablement plus adéquat (ou approprié si on est de tendance atlantiste) que cette déclaration qui s’est immiscée dans tous les foyers de France encore branchée sur M6 après la catastrophe nationale. Bien. Mais Domenech aurait-il voulu suivre l’exemple de Nicolas S (de Neuilly/Seine) qui gère vie privée et vie publique devant les mêmes caméras et derrière les mêmes micros ?

Bad news from the stars

A l’instar de la victoire PS aux dernières municipales ajoutée à la « bonne prestation » de l’équipe de Hollande (François) lors du match retour des législatives (le second tour), la FFF et l’encadrement de la sélection nationale ont-ils pris réellement la mesure d’un malaise sauvé par la participation somme toute inattendue à la finale de la coupe du monde 2006 ? Le staff estampillé FFF n’a-t-il rien vu ?

Dans le même ordre d’idée, la presse, prompte à encenser et à brûler dans un bel élan versatile, n’a-t-elle pas surestimée les joueurs français plus souvent remplaçant s que titulaires dans les grands clubs européens qui les emploient ? Car l’argent facile amène assez souvent nos jeunes pousses et nos vieilles gloires dans les clubs du G14 (ou 28 ?) chers à JM Aulas à devenir des cireurs de bancs professionnels (gageons que les fonds de leurs pantalons de survêt sont doublés…). Donc moins de temps de jeu, des complexes d’infériorité par rapport à d’autres joueurs, et un goût du luxe peut-être incompatible avec la compétition footballistique…

The Wooden Tongue (ou « Du bois dont on fait les langues »)

Pas d’échec, mais de la déception selon le même Raymond la Science qui affirmait avant l’Euro que le but était de le gagner et après l’élimination qu’il s’est mal exprimé et qu’en fait il avait voulu dire que le but était de préparer la coupe du monde 2010 (pour rappel, en Afrique du Sud)…

Car Raymond n’assume rien, si ce n’est les pirouettes communicationnelles qui brouillent l’écoute (et également l’inverse contrepété) des amateurs de foot et des supporters des Bleus. L’homme qui réussit à répondre en commençant ses phrases par oui quand il pense non et par non quand il pense oui, n’aura brillé que dans le conflit avec les journalistes en ressortant une langue de bois telle qu’elle aurait pu faire palir, donc rosir, le Georges Marchais qui défendait le bilan soviétique, globalement positif, de l’URSS de la fin des seventies…

Mais pour Blu-Ray, tout n’est pas globalement négatif. La virtuosité dont il a fait preuve dans le maniement d’une langue en chêne centenaire pourra toujours l’aider à retrouver un boulot.

Comme commentateur sur M6 ? Au gouvernement à la place de Laporte ?

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