''Diffuseur des « Jeux » sur les
ondes hertziennes, France Télévisions et sa cohorte de chaînes permettant le
jonglage entre France 2 et 3 (exercice bien rôdé lors du Tour de France de
dopage, pardon de cyclisme ou de Roland Garros, le tournoi, pas l’aviateur), si
elles ne sont pas encore libres de spots publicitaires, nous réservent des
sacrées surprises qui ne soient pas un mix entre « Sacrée soirée » et
« Surprise, surprise »…''
Verbiage
Incontinents de la parole, le staff, comme on dit en français, les envoyés
spéciaux et parfois très spéciaux du groupe national de diffusion télévisuelle
dans l’Empire du Milieu (et il ne s’agit pas là d’un reportage sur la mafia,
quoique…) sont d’incorrigibles bavards qui n’ont tendance à n’écouter qu’une
seule voix à part celles de leurs maîtres, la leur.
L’inénarrable Nelson Montfort et ses traductions in extenso dans ses
interviews pourrait figurer une sorte de carte de visite pour le groupe dirigé
par de Carolis. Mais s’il peut se prétendre la tête de pont du verbiage et de
l’auto-écoute, l’ami Nelson est loin d’être le seul à s’écouter parler. Les
inamovibles salariés du service des sports ne sont pas en reste avec leur
illustre collègue qui s’illustre aussi « bien » dans les couloirs de
Roland Garros, sur les bords des praticables de gymnastique ou encore, mais
pour les JO d’été on aura la chance d’y échapper, aux abords des
patinoires.
Ainsi, les cocoricos, l’emphase, l’hébétude béate devant le spectacle, ou
encore l’approximation narrative de nos braves journalistes sportifs
envahissent les ondes de France 2 ou 3 à longueur d’antenne, n’étant
concurrencés véritablement que par leurs consultants (qui ne sont pas tous la
contraction de « cons insultants) payés et acheminés grâce à la manne
apportées par la redevance et, à en croire M. Coppé, la future ex publicité sur
le service public.
Vous me direz dans un grand élan pléonastique, oui, sûr, OK, d’accord,
certes, mais il n’y a qu’à couper le son. Oui, c’est possible, mais imaginons
une seconde l’épreuve de tennis sans le bruit de la balle, les compétitions
d’athlétisme sans le coup de pistolet du starter, et le tir au pistolet ou à la
carabine mais avec silencieux ! Et bien à cette triste évocation du son et
lumières olympique sans le son, il existe aujourd’hui une alternative…
Sévices publics contre service public
Les avis sont unanimes, la cérémonie d’ouverture était une belle cérémonie.
Gloire à la Chine éternelle ! Mais combien et comment fut-elle gâchées par
les sorties bilalianesques ou lamouriennes ou le sourire mi naïf mi retors du
sieur Holz voulant comme à chaque fois qu’il est à l’antenne nous persuader de
vivre un moment grandiose à tout prix, car grâce aux sponsors, vive le sport
sur France Télévisions !
Le spectacle aurait ainsi pu être encore plus agréable sans avoir eu à se
farcir les « pensées » de ces prix Pulitzer potentiels. Mais, trop
tard… Et dire qu’il faudra se les fader pour la cérémonie de clôture.
Mais Patrick de Carolis, entre ses interviews de Bernadette Chirac et ses
coups de gueule contre la machine de guerre UMP qui fait du passé chiraquien
des institutions table rase, oublie parfois d’être con. C’est ainsi que France
Télévision nous propose, en exclusivité et en catimini (ce qui n’est pas
incompatible), la diffusion de ces jeux sans les paroles mais avec la
musique.
Nous avons donc accès aux images officielles des JO par internet sans les
platitudes et sursauts émotionnels de nos amis journalistes et consultants,
mais avec le bruit d’ambiance sur les différents sites olympiques. Quel
repos ! En plus, ce qui ne gâte rien, nous avons accès à tous les sites en
simultané. A nous les joies du tir au pistolets à 1 mètres ou à la compétition
féminine d’haltérophilie qui se joue entre une ouzbek, une azérie et une
monténégrine ! Fini le chauvinisme aussi imposé que les figures du même
nom dans un programme de patinage (décidément, j’ai du mal à oublier les JO
d’hiver, moi !) !
De l’interactivité, rien que de l’interactivité non parasitée par nos
hypertrophiés de la menteuse, nos vibreurs de cordes vocales, nos petits
maîtres à penser sport comme dirait Doc Gynéco. Merci France Télévisions.
Bon, certes, mais comme disent nos voisins britanniques et néanmoins
anglophones (ce qui n’est pourtant pas incompatible, alors pourquoi ce
néanmoins ? parce que…) what’s the catch ? Où est l’arnaque ? Et
bien pour avoir accès à cette merveille de la technologie et de l’interactivité
réunies, il vous faudra simplement installer un logiciel estampillé Microsoft
et en version beta (bétas ?) de surcroît, qui se met à jour tout seul sans vous
demander votre avis. Ce n’est pas obligatoire, certes, mais fortement conseillé
pour pouvoir « profiter de tout le contenu interactif ».
Enfin, même si on compte la pub pour un annonceur officiel des JO diffusée
au début de la diffusion (on n’est plus à un pléonasme près), ce n’est pas cher
payer pour éviter le verbiage verbeux des professionnels de la profession…
Voici le lien : http://sport.francetv.fr/jeux-olympiques-2008/
