Le Ministre de
l’Immigration et de l’Identité Nationales réunies s’est vu désavoué par le
Tribunal Administratif dans sa tentative d’éjecter la Cimade hors des centres
de rétention. Bonne nouvelle. Encore un effort et on saura la vérité vraie sur
l’immigration, une chance pour un Occident en bout de course…
Mais revenons sur la tentative de Monsieur Brice de changer les règles du
jeu dans les centres de rétention. Car depuis que la Cimade a obtenu le
« marché » de « la mission d’«information, en vue de l’exercice
de leurs droits, des étrangers maintenus dans les centres de rétention
administrative» en 1984, il était devenu urgent pour l’homme de Clermont
Ferrand d’ouvrir à la concurrence, qu’on imagine libre et non faussée bien sûr,
ce marché. La volonté gouvernementale de partager en 8 régions, pardon en 8
lots puisqu’il s’agit d’un appel d’offres, cette mission essentielle dans un
état qui se veut de droit, avant d’être de Droite, n’avait qu’un but, évincer
ces dangereux trublions qui avaient jusqu’à lors une vision global du
traitement des étrangers dans ces centres. Or, le travail effectué depuis près
de 25 ans auprès des étrangers par la Cimade avait, outre l’information sur les
droits des mêmes étrangers, le mérite d’alerter l’opinion publique sur le
traitement qui leur était réservé par la République. La tentative auvergnate de
diviser les associations de solidarité envers les migrants en ouvrant à la
concurrence ce « marché » a tourné court, ces associations (Ligue des
Droits de l’Homme, Gisti, Syndicat des Avocats de France…) s’étant déclarées
solidaires justement avec la Cimade, jusqu’à l’arbitrage du Tribunal
Administratif qui a donc tranché en mettant en exergue les irrégularités de cet
appel d’offres.
Bien sûr, dans la foulée de cette avancée républicaine, nos médias ne
manqueront pas de revoir leur copie de la part de leurs journalistes (j’allais
dire pisse-copie, mais cela n’aurait pas plu à l’épiscopat) qui ne manqueront
pas de rétablir la vérité sur l’immigration après quelques décennies de Droit
de Savoir, de journal de JP Pernaut ou de pensée unique calquée sur les thèses
lepénistes ou sarkoziennes. Ainsi, dans les prochaines semaines, nous
apprendrons par exemple sur les écrans que le pays qui reçoit le plus
d’étrangers est l’Inde, que 35 millions d’états-uniens sont nés à l’étranger où
encore que l’immigration en France, loin de coûter de précieux sous, surtout
par les temps qui courent où les caisses de l’état sont vides et où les bourses
font du yoyo, rapporte à la collectivité nationale alors que les expulsions
coûtent bon bon. Ainsi, dans le livre « Sociologie de l’argent », on
apprend que l’expulsion des sans papiers a couté 3 milliards d’Euros à l’état
français et mobilise l’équivalent de 15.000 emplois à temps plein de
fonctionnaires chargés de mettre en œuvre ces reconduites à la frontières, soit
certainement davantage qu’à la glorieuse époque de Vichy et de Maurice
Papon.
On apprendra également que la France est un des derniers pays de l’OCDE ne
devançant que la Finlande (où il gèle) et la Hongrie (dont on ne sait pas
grand-chose) en termes d’entrées d’étrangers (2 pour 1.000 habitants par an),
alors que Canada et Royaume Uni en compte 8 et l’Italie 7.
De plus, TF1, LCI et consorts (en un seul mot) ne manqueront pas de nous
rappeler que l’immigration a toujours été choisie, l’entrée des candidats à
l’immigration ayant toujours été contrôlée par l’état par l’intermédiaire des
ONI, OMI ou encore ANAEM, et les autorisations délivrées par les préfectures et
les directions départementales du travail selon qu’il s’agisse respectivement
de regroupement familial ou de travail. On apprendra également que les cohortes
de maliens immigrés en France ne représentent que 3% du total de l’émigration
malienne ou que si nous comparons les chiffres des migrations du début du 20ème
siècle en France (ritals, espingouins et autres polaks) avec ceux, actuels, de
l’immigration africaine (maghrébine et subsaharienne), nous devrions avoir en
France 600.000 arabes et noirs de plus. De quoi se plaint-on ?, comme on dit
dans les couloirs du Ministère de la Honte…
Le mot de la fin à l’omniprésident Nicolas Sarkozy qui déclarait en
2006 : « Les mineurs de 1945 n'ont rien à voir avec les géants
noirs des banlieues d'aujourd'hui, qui ont moins de 18 ans et qui font peur à
tout le monde. » ou encore en 2007 « Si Le Pen dit que le
soleil est jaune, je ne vais pas être obligé d'arriver en prétendant qu'il est
bleu. Personne n'est obligé d'habiter en France. Quand on habite en France on
respecte ses règles. C'est-à-dire qu'on n'est pas polygame, qu'on ne pratique
pas l'excision sur ses filles, qu'on n'égorge pas le mouton dans son
appartement, et qu'on respecte les règles républicaines. »
Comme la vérité et le respect des êtres humains, par exemple ?
Pour aller plus loin
- Le site de la Cimade