SMA, soit « service minimum d’accueil
». Voici le nouveau gadget à la mode UMP à utiliser en cas de grèves des
instituteurs et professeurs des écoles.
Le serpent de mer revient donc comme à chaque fois qu’une grève se prépare
dans « la profession ». Son promoteur, Xavier Darcos a fait battre le
tambour uhempesque dans nos villes et nos campagnes pour que les mairies
organisent ce « service » payé sur les retenues sur salaire des
grévistes. Oui, Xavier Darcos, l'homme qui à force de s'énerver de façon
inversement proportionnelle aux sondages pour les municipales à Périgueux s'est
finalement planté... rejeté par les électeurs, mais passons.
Car, pour ceux qui ne le savent pas, toute grève d’un enseignant amène à
voir son traitement, tel un « mauvais » élève dans des temps pas si
reculés, mis en retenue. Voici donc à quoi servent les grèves désormais, à
répartir ce paquet (non fiscal) de pognon entre les communes méritantes, celles
qui, sans devancer l’appel, y répondent.
Un des porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre a ainsi estimé que les
élèves «auront déjà eu beaucoup de jours fériés et de ponts, il est dans
leur intérêt de ne pas subir une journée de plus loin de l'école». Quant
aux parents, ils «ne peuvent être pénalisés une journée de plus» par
une garde d’enfants, supplémentaire et donc pléonasmique (de ma part).
Les temps sont graves, donc, car le complot des enseignants gauchistes
(forcément) a donc réussi à placer cette année des jours fériés en
semaine ! Sans compter les grèves qui pourraient tout de même tomber un
dimanche !
Le prix du SMA ? Quatre-vingt dix euros (90 €) pour la journée pour un
accueil par tranche de 15 élèves. Une idée pour les collègues grévistes :
se porter volontaire pour accueillir ses propres élèves, surtout s’il sont plus
de quinze. Un rapide calcul montre qu’un jour de grève « travaillé »
au service de l’accueil organisé par la mairie chaque semaine permettrait à un
enseignant de gagner plus (sans forcément travailler plus) environ 720 € par
mois auxquels il faudrait enlever le traitement des quatre jours de grève, soit
à la louche une fourchette de 240 à 280 € selon l’ancienneté. Bénéfice
net : 720 – 280 = 440 €.
Vous voyez, une solution toute simple pour augmenter le pouvoir d’achat de
celles et ceux qui tous les jours (ouvrés) oeuvrent pour l’édification
pédagogique de notre jeunesse.
Quoi ? Comment ? On me souffle que si le pouvoir d’achat est en
hausse, le nombre de jours de grève baisse ? Bon, il faudra trouver autre
chose, alors !
Enfin, dormons tranquilles, notre gouvernement veille.