La réforme, les réformes… Le
mot magique qui ouvre les portes en matière d’élections. Ah que ce mot fleure
bon le changement ! Il faut donc réformer la sécu, les retraites, les
impôts, les heures sup, la constitution, j’en passe et des
meilleures.
La droite qui s’est appropriée le mot à défaut du concept n’a plus que cet
argument à opposer aux grincheux qui n’accordent toujours pas ou plus leur
crédit citoyen au gouvernement et au président de la République. Ainsi, la
claque aux élections municipales prise par le pouvoir en place a-t-elle été
expliquée par les thuriféraires de Sarkoland par un manque de pédagogie, une
impatience des électeurs ou encore une incompréhension par ces derniers des
fameuses et sacro-saintes réformes proposées par le gouvernement et imposée par
la majorité au parlement.
Car, bien sûr, les réformes sont la clef du succès. Nos commentateurs
patentés de la vie politique qui sévissent sur les stations de radio
périphériques comme on disait il y peu ou nationales comme on pourra dire qu’on
disait (comprenne qui pourra) ou sur les très belles chaînes
« d’informations » de la TNT, nos commentateurs interchangeables,
donc, sont le relais pour faire comprendre au bon peuple l’intérêt de
réformer.
Mais le peuple est ingrat. Salaud de peuple ! Il vote pour des réformes
et sans laisser le temps au gouvernement de les évaluer déclare avec un aplomb
populaire qu’elles n’arrivent pas assez vite (du moins leurs résultats
escomptés) ou qu’elles sont mauvaises avant même qu’elles soient votées.
Car le bon peuple n’est peut-être pas aussi stupide qu’il en a l’air.
Peut-être même qu’il a gardé du concept de réformes le fait qu’elles soient au
service d’un progrès partagé. Par tous, comme le dirait la SNCF. Et c’est là
que les flops retentissent (pourquoi les flops ne retentiraient pas ? ne
parle-t-on pas de flops retentissants ?).
Car les « réformes » sont de plus en plus perçues pour ce qu’elles
sont. Une sorte de gadget activiste d’un gouvernement contorsionniste qui se
mort la queue. Un gadget qui sous couvert de « progrès » ne sert qu’à
imposer une vision libérale de la société où l’homme (et la femme bien sûr)
sont réduits à êtres des êtres utilitaires dans le meilleurs des cas ou des
parasites en puissance, qu’ils soient chômeurs ou étrangers (bizarrement, le
Medef est pour la régularisation des sans-papiers… qui travaille pour ses
entreprises).
Alors, nous reste-t-il une solution pour contrer ces
réformes-plus-catégorielles-que-çà-tu-meurs ? L’ouvrir grande à chaque
fois qu’un ministre ou secrétaire d’état vient nous vendre « sa »
réforme en le traitant, au choix, d’usurpateur ?